Actualités

FAMILLE BI ou MONOPARENTALE: Quel impact sur le développement cérébral des petits?

Actualité publiée il y a 9 années 2 mois 5 jours
PLoS ONE

Ici, il s’agit de petits… souriceaux et il serait bien hardi de généraliser ces résultats à des familles humaines. Cette étude scientifique qui a porté en effet sur des souriceaux montre que les mâles et les femelles élevés avec leurs deux parents ont respectivement une meilleure capacité de réaction et une meilleure coordination motrice. Ces conclusions publiées dans la revue PLoS ONE montrent aussi qu’être élevé par une famille (souris) mono ou biparentale entraîne des changements de développement du cerveau des petits souriceaux.

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs de l'Université de Calgary (Canada) ont soumis les souriceaux à une série de tests visant à évaluer leur développement, puis ils ont prélevé des échantillons de tissus du cerveau. L'idée était tout de même d'étudier les effets des expériences précoces de la vie sur le développement du cerveau, les émotions et le comportement social et de vérifier la théorie selon laquelle des soins parentaux déficients vont induire des changements dans l'hippocampe, la zone du cerveau impliquée dans la mémoire et les émotions et une augmentation du stress et de la réactivité émotionnelle. Mais, encore une fois, ces résultats ne sont pas généralisables directement sur les humains.


Dans cette recherche, les souris gravides ont mis au monde 269 souriceaux et ont été placées dans différentes situations parentales :

- Les souriceaux étaient élevés avec leur mère seulement,

- les souriceaux étaient élevés avec leur mère et une autre souris femelle,

- les souriceaux étaient élevés avec leur mère et leur père.

Une fois sevrés, à 21 jours, les souriceaux ont été réunis et ont passé une série de tests comportementaux, dont le test du labyrinthe et du labyrinthe aquatique, un test d'orientation lumière-obscurité, un test de l'échelle (agilité), des tests d'évitement passif (un choc électrique), des tests de conditionnement de la peur puis les chercheurs ont examiné des échantillons de tissus du cerveau des souriceaux. Les auteurs constatent que,

· avant le sevrage, le comportement parental de la mère souris est identique dans les trois conditions,

· cependant, en situation biparentale mère-« mère », ou père-mère, le léchage et le toilettage de la progéniture, des comportements considérés comme un marqueur de l'attention parentale, la progéniture reçoit plus d'attention qu'en situation monoparentale.

· des effets différents des différentes situations parentales sur le comportement des souriceaux,

· et un développement différent des cellules cérébrales entre les souriceaux mâles et femelles.

· Dans les différentes tâches, les mâles élevés en conditions biparentales montrent plus de résistance à la peur et les femelles également élevées en conditions biparentales une meilleure coordination motrice, que les souriceaux élevés en situation monoparentale.

· Les femelles élevées en conditions biparentales montrent également plus de curiosité d'esprit (exploration de différents objets).

Ces conclusions suggèrent qu'être élevé par sa mère biologique et une autre souris adulte (mâle ou femelle), peut améliorer ou accélérer le développement de certaines compétences.

Au-delà, une éducation biparentale a plus d'effet sur le cerveau de la souris mâle, qui présente, selon cette analyse, une croissance cellulaire plus importante dans une certaine partie de l'hippocampe (le gyrus denté). Quant aux « filles », élevées dans les conditions biparentales montrent une plus grande prolifération de la substance blanche (les fibres nerveuses) du cerveau.

Les expériences précoces de la vie ont donc bien un effet objectif sur le développement du cerveau et sur le comportement (des souris) avec des conséquences, plus tard dans la vie. Ici mâles et femelles semblent être affectés de différentes manières.

Source: PLoS One doi:10.1371/journal.pone.0062701 online May 1 2013 Bi-Parental Care Contributes to Sexually Dimorphic Neural Cell Genesis in the Adult Mammalian Brain