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FIBROMYALGIE: Traiter les troubles du sommeil avant l'installation de la douleur neuropathique

Actualité publiée il y a 3 années 5 mois 1 semaine
Pain

Chez les jeunes adultes, les problèmes de sommeil prédisent l’incidence de la douleur chronique, plus tard dans la vie, conclut cette étude néerlandaise. Chez certains sujets, ces troubles du sommeil annoncent même l'aggravation de la sévérité de la douleur au fil du temps. Et la relation ne vaut pas forcément dans l’autre sens : la présence de la douleur ne signifie pas l'aggravation des problèmes de sommeil au cours de la période de transition entre l'adolescence et l'âge adulte. Les conclusions, présentées dans PAIN®, la revue officielle de l’International Association for the Study of Pain (IASP), plaident pour l'identification précoce et le traitement des troubles du sommeil chez les adolescents, pour prévenir la douleur neuropathique et l’installation de la fibromyalgie, chez certains groupes de jeunes adultes.

La fibromyalgie, ce syndrome qui provoque des douleurs généralisées et une raideur musculaire et articulaire chez 2 à 5% de la population, est fréquemment associée à des problèmes de sommeil et à une fatigue diurne chronique. Pour les patients atteints de fibromyalgie, la combinaison douleur et troubles du sommeil est un cercle vicieux : la douleur rend le sommeil plus difficile et la privation de sommeil exacerbe la douleur. On sait déjà que la réduction des troubles du sommeil permet, en général l'amélioration des symptômes de douleur. Cependant, le lien entre les troubles du sommeil et la douleur n'est toujours pas clair. On sait également que les patients fibromyalgiques présentent, généralement, une altération de leur sommeil à ondes lentes, le stade le plus profond du sommeil. Dans l'autre sens, des femmes en bonne santé privées de sommeil lent durant quelques jours, vont montrer une diminution de la tolérance à la douleur et une augmentation des niveaux de fatigue. Bref, les troubles du sommeil apparaissent de plus en plus comme un facteur clé dans le développement des symptômes de la fibromyalgie. Cette nouvelle étude montre, qu'associés à d'autres facteurs, ils peuvent aussi être un indicateur majeur du développement de la maladie, plus tard dans la vie.


Cependant, on ne peut faire la relation, systématique, chez le jeune adulte (18 à 15 ans) entre troubles du sommeil, émergence de la douleur neuropathique et développement de la fibromyalgie. Cependant, cette nouvelle étude montre, qu'associés à d'autres symptômes, dont la fatigue, les problèmes de sommeil sont bien prédicteurs d'un développement de la douleur chronique et d'une modification -à la baisse- des seuils de douleurs, plus tard dans la vie. L'auteur principal, le Dr Irma J. Bonvanie et ses collègues de l'Université de Groningen (Pays-Bas) ont mené cette étude longitudinale entre les troubles du sommeil, la douleur chronique et musculo-squelettique, les maux de tête, et la sévérité de la douleur abdominale chez 1.753 participants suivis de 19 à 22 ans souffrant de troubles du sommeil et évalués à 2 reprises pour les niveaux d'anxiété, de dépression, de fatigue, d'inactivité physique. L'analyse constate que :

· les troubles du sommeil sont associés, à 3 ans de suivi, à la douleur chronique, à la douleur musculo-squelettique, aux maux de tête, à la sévérité des douleurs abdominales mais aussi à une augmentation de la sévérité de la douleur musculo-squelettique.

· Cette association est plus forte chez les femmes que chez les hommes,

· cette association est plus forte en cas de plaintes de douleurs musculo-squelettiques,

· la relation est médiée par la fatigue, mais pas par des symptômes d'anxiété et de dépression ou d'inactivité physique,

· seule la douleur abdominale semble avoir un petit effet à long terme sur les problèmes de sommeil.

Ces données suggèrent que les troubles du sommeil chez le jeune adulte, peuvent, lorsqu'ils sont accompagnés d'une fatigue chronique et de « plaintes » de douleurs musculo-squelettiques ou abdominales, annoncer l'installation de douleurs chroniques. Les chercheurs montrent également avec ces différents signes, le risque d'aggravation de la sévérité de la douleur au fil du temps, chez ces jeunes adultes.

Quel est le premier facteur responsable, les problèmes de sommeil ou la douleur? L'étude montre qu'environ la moitié des jeunes participants ayant des problèmes de sommeil au départ de l'étude, en ont toujours, 3 ans plus tard. Ces sujets ayant des problèmes de sommeil au départ de l'étude sont plus susceptibles à 3 ans, d'avoir développé une douleur chronique, plus persistante et plus sévère :

Ø 38% de ces jeunes adultes ayant des problèmes de sommeil sévères à l'évaluation initiale ont développé en 3 ans cette douleur chronique vs 14% des jeunes exempts de problèmes de sommeil à l'inclusion,

Ø En revanche, la présence de la douleur en général ne signifie pas l'aggravation des problèmes de sommeil au cours de la période de transition entre l'adolescence et l'âge adulte.

Selon les auteurs, les troubles du sommeil chez le jeune adulte, lorsqu'ils sont associés à d'autres symptômes, notamment une fatigue générale, annoncent bien un risque accru de douleur chronique, plus tard dans la vie. Au point, de chercher à identifier de manière précoce et de traiter ces troubles du sommeil chez certains groupes de jeunes adultes à risque. « Nos résultats indiquent que les problèmes de sommeil ne sont pas seulement un précurseur de la douleur, mais aussi un prédicteur de la persistance de la douleur chronique et d'une augmentation de ses niveaux ».

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