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FIV : Elle double le risque de cancer de l'ovaire non invasif

Actualité publiée il y a 7 années 10 mois 3 semaines
Human Reproduction

La Fécondation In Vitro (FIV) double le risque de cancer de l'ovaire non mortels et non invasifs selon cette étude néerlandaise menée sur près de 30.000 femmes. Néanmoins, ce risque reste faible, de l’ordre de 0,71% chez les femmes ayant eu recours à la FIV. Des résultats principalement liés à la stimulation ovarienne, publiés dans l’édition du 26 octobre de la revue scientifique Human Reproduction, qui ne doivent pas alerter, juste engager à en discuter le cas échéant avec son médecin.

Le cancer de l'ovaire est un cancer relativement rare et, si le risque relatif de développer un cancer est fortement augmenté en cas de FIV, le risque absolu de développer la maladie reste faible. Les scientifiques estiment que le risque en population générale est de 0,45% avant l'âge de 55 ans et de 0,71% parmi les femmes ayant eu recours à la FIV.


Ces chercheurs de l'Institut néerlandais du cancer et de centres médicaux dans tout les Pays-Bas ont évalué le risque de développer un cancer de l'ovaire dans les 15 années qui suivent la FIV en comparant ce risque aux risques de cancer dans la population générale et chez les femmes qui avaient des difficultés à concevoir, mais qui n'avaient pas subi de FIV. Les chercheurs constatent que le groupe « FIV » est plus de 4 fois susceptible de développer des tumeurs de l'ovaire, qualifiées de « borderline » par les auteurs, c'est-à-dire, non encore cancéreuses, en comparaison comparé au groupe non-FIV. Cependant ce risque accru ne concerne pas, précisent les auteurs, des tumeurs cancéreuses.

Comment la stimulation ovarienne lors d'une FIV impacte le risque à long terme de cancer de l'ovaire, c'est ce que cette étude de cohorte a examiné précisément sur 19.146 femmes qui avaient subi un traitement par FIV aux Pays-Bas entre 1983 et 1995. Leurs données ont été comparées à celles d'un groupe de 6.006 femmes présentant des difficultés à tomber enceintes mais qui n'avaient pas subi de FIV et aux taux de la population générale. Les participantes ont été suivies pendant une durée médiane de 14,7 ans.

A la fin de l'étude, 77 cas de cancer de l'ovaire avaient été identifiés dans la cohorte totale de 25.152 femmes, dont 61 cas dans le groupe FIV et 16 dans le groupe non-FIV. En comparaison des taux en population générale:

· la cohorte totale présente un risque accru de 43% de cancer de l'ovaire (SIR- ratio d'incidence standardisé) :1,43 IC: 95% de 1,12 à 1,78)

· le groupe FIV présente un risque accru de 59% de cancer de l'ovaire (SIR : 1,59 IC: 95% de 1.21 à 2.4)

· le groupe des « non-FIV » ne présente aucune augmentation significative de cancer de l'ovaire -lorsqu'il est analysé séparément de la cohorte totale- (SIR : 1,02 IC : 95% de 0,59 à 1,66)

Lorsque les chercheurs analysent les données selon le type de cancer de l'ovaire (non mortel ou invasif), ils constatent que:

· le groupe FIV présente un risque accru de 93% de cancer de l'ovaire non invasif (toujours par rapport à la population générale) (SIR : 1,93, IC : 95% de 1,31 à 2,73)

· le groupe des « non-FIV » ne montre aucune différence de risque de cancer de l'ovaire non invasif (SIR 0,67, IC 95% 0,18 à 1,71)

· le risque de développer un cancer invasif de l'ovaire n'augmente pas significativement, quel que soit le groupe, FIV ou non FIV, par rapport à la population générale (SIR : 1,35, IC : 95% de 0,91 à 1,92 et SIR : 1,24, IC : 95% de 0,64 à 2,17, respectivement)

Le seul groupe avec un risque significativement accru de cancer de l'ovaire s'avère, à l'issue de l'analyse, le groupe FIV suivi pendant 15 ans ou plus (SIR : 3,54, IC : 95% de 1,62 à 6,72). Cependant, seulement 9 cas de cancer de l'ovaire ont été observés dans ce groupe.

Le groupe FIV présente un risque accru de 114% plus élevé de développer un cancer de l'ovaire (HR : 2,14 IC : 95% de 1.07 à 4.25), ce qui équivaut à un peu plus d'un doublement du risqueet de323% plus élevé de développer un cancer de l'ovaire non invasif (HR : 4,23 IC : 95% de 1,25 à 14,33) ce qui équivaut à multiplier le risque par un peu plus de 4.

Les chercheurs concluent que leurs résultats donnent raison à certaines inquiétudes mais que d'autres études de cohorte restent nécessaires. Les femmes qui pourraient être préoccupées par les différents risques liés au recours des FIV passées ou présentes devraient en discuter avec leur médecin spécialiste ou généraliste.

Source: Human Reproduction (2011) doi: 10.1093/humrep/der322 First published online: October 26, 2011 Risk of borderline and invasive ovarian tumours after ovarian stimulation for in vitro fertilization in a large Dutch cohort. (Visuels Agence de la Biomédecine)

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