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GRIPPE AVIAIRE: Le nouveau virus qui décime les bébés phoques

Actualité publiée il y a 9 années 11 mois 1 semaine
mBio

Une grippe aviaire capable de se propager des oiseaux aux mammifères décime depuis fin 2011, les bébés phoques de la Nouvelle Angleterre (USA). Le responsable, une nouvelle souche du virus de la grippe aviaire qui a acquis la capacité d'infecter les mammifères aquatiques, entraînant une pneumonie mortelle, selon ces scientifiques du Centre des maladies infectieuses et immunitaires (CII) de la Columbia University qui publient leurs conclusions dans l’édition du 31 juillet de la revue mBIO. Un enseignement, la surveillance des infections sur l'animal reste primordiale pour l'Homme.

Ces chercheurs de la Mailman School of Public Health, de la National Oceanic and Atmospheric Association, du New England Aquarium, de l'USGS National Wildlife Health Center, du SeaWorld et de l'Alliance écosanté ont commencé à s'inquiéter lorsqu'ils ont identifié des phoques sauvages atteints de pneumonie sévère, avec des lésions cutanées le long du littoral du sud du Maine dans le nord du Massachusetts. La plupart étaient des phoques nourrissons de moins de 6 mois et plus de 162 phoques morts ou moribonds ont été récupérés au cours des 3 mois suivants. Une nouvelle souche de grippe aviaire H3N8 : Les chercheurs ont procédé à l'analyse des agents pathogènes sur un sous-ensemble de phoques touchés et ont alors identifié une nouvelle souche de grippe aviaire H3N8. « Quand les tests initiaux ont révélé un virus de la grippe aviaire, nous nous sommes posé la question qui vient immédiatement à l'esprit : Comment le virus se propage-t-il des oiseaux aux phoques? » raconte Simon Anthony, chercheur et auteur principal de l'étude. Après séquençage du génome complet du virus, la souche s'avère issue d'une souche aviaire qui a circulé dans le nord des Etats-Unis dès 2002. Durant ces années, la souche aurait acquis la capacité de lier à des récepteurs d'acide sialique qui se trouvent dans le tractus respiratoire des mammifères. Des mutations dans les gènes HA et PB2 nécessaires à l'entrée dans la cellule hôte et à la réplication du virus, respectivement, suggèrent une virulence accrue et cette faculté de transmission chez les mammifères, des critères aujourd'hui supposés exigeant une enquête plus approfondie, précisent les chercheurs. Une menace pour la santé publique ? Compte tenu de ces conclusions, qui viennent s'ajouter à l'historique de la propagation de la grippe aviaire à l'homme, H3N8 peut être considéré comme une menace pour la santé publique, explique l'auteur. « Nos résultats renforcent l'importance d'une surveillance animale pour prévenir les pandémies », concluent les chercheurs qui font remarquer que les infections à VIH / SIDA, SRAS, West Nile virus, virus Nipah et grippe sont tous des exemples de maladies infectieuses émergentes qui ont pris naissance chez les animaux. Toute apparition de maladie chez l'animal, au-delà d'être une menace pour la la faune, doit également être considérée comme un danger potentiel pour l'Homme.

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