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GRIPPE: La meth pour la traiter?

Actualité publiée il y a 7 années 3 semaines 3 jours
PLoS ONE

Quelle drôle d’idée. Pourtant, la méthamphétamine serait bien capable de réduire, à concentration élevée, la réplication du virus de la grippe A, titre la revue PloS ONE du 6 novembre. S’il est beaucoup trop tôt pour considérer que la meth ou ses dérivés chimiques puissent être un remède pour la grippe, cette étude surprenante menée par des chercheurs des National Health Research Institutes (Zhunan) et autres centres de recherche de Taiwan, ouvre une nouvelle piste de recherche.

Evidemment, ces scientifiques ne recommandent pas de prendre de la meth, dans sa forme actuelle, mais espèrent avoir découvert une nouvelle piste thérapeutique. La meth est un puissant stimulant très addictif du système nerveux présentant de nombreux risques pour la santé, comme de psychose, de dommages au cerveau, de lésions pulmonaires et rénales. Cependant, il n'est pas rare pour les chercheurs d'étudier les effets de drogues illicites ou de produits chimiques pour le traitement de maladies et les auteurs citent les recherches sur les effets du cannabis dans la sclérose en plaques. Quant à la méthamphétamine, on sait déjà qu'elle peut affaiblir le système immunitaire, donc augmenter la vulnérabilité à certaines infections, dont l'infection à VIH.


Ici, en étudiant l'effet de la drogue sur des lignées de cellules épithéliales pulmonaires infectées par le virus de la grippe (A/WSN/33 (H1N1), les chercheurs constatent que les cellules exposées à la méthamphétamine sont moins sensibles aux virus de la grippe et que le virus a des difficultés à se dupliquer dans ces cellules pré-exposées. Ils apportent la preuve que la méthamphétamine réduit de manière significative la propagation du virus et la susceptibilité à l'infection grippale de la lignée cellulaire, avec une diminution de la synthèse des protéines virales. Mais, seules des concentrations plus élevées que les concentrations de méthamphétamine mesurées dans le sang des usagers de meth, parviennent à préserver les cellules pulmonaires de l'infection. A cette concentration élevée, non seulement l'exposition à la méthamphétamine réduit la sensibilité des cellules pulmonaires à l'infection par le virus de la grippe, mais, dans les 24 premières heures après l'infection, empêche le virus de la grippe de se répliquer.

Cette recherche ne signifie pas que les usagers de méthamphétamine seront moins vulnérables à la grippe mais qu'en tous cas, la méthamphétamine n'est pas un facteur de risque important de grippe A parmi les usagers. L'étude fournit surtout de nouveaux indices de composés chimiques qui affectent la réplication du virus de la grippe et qui pourraient, après encore de nombreuses recherches, être envisagés comme des cibles thérapeutiques.

Source: PLOS One doi:10.1371/journal.pone.0048335 online November 6 2012 Methamphetamine Reduces Human Influenza A Virus Replication.

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