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GRIPPE: Vers un nouvel antiviral?

Actualité publiée il y a 6 années 6 mois 3 semaines
Science Express

On sait que les souches virales de la grippe peuvent développer une résistance aux antiviraux mais ce nouveau candidat-médicament pourrait prendre la relève de l’oseltamivir (Tamiflu) et du zanamivir (Relenza), les 2 principaux antiviraux disponibles. Cette recherche de l'Université de Colombie-Britannique et d'autres instituts du Canada, du Royaume-Uni et d’Australie, cofinancée par le laboratoire Pfizer et publiée dans l’édition du de la revue Science Express, montre une alternative thérapeutique capable de bloquer définitivement la propagation du virus de la grippe à d'autres cellules et prometteuse pour vaincre la résistance aux antiviraux existants.

Les 2 antigrippaux disponibles l'oseltamivir et le zanamivir agissent en bloquant une enzyme virale qui permet au virus de la grippe d'infecter de nouvelles cellules, mais leur utilisation généralisée à conduit le virus de la grippe à développer une résistance. Le nouveau médicament fonctionne de la même manière et permet de ralentir le processus de propagation du virus à de nouvelles cellules. Si l'étude de laboratoire en est encore à un stade précoce et sur l'animal, les chercheurs ont pu constater que la nouvelle molécule était tout aussi ou plus efficace que le Relenza pour stopper la propagation du virus, y compris lorsque les souches grippales sont résistantes aux 2 antiviraux actuels.


Les 2 antiviraux ne sont pas particulièrement efficaces, y compris contre les souches de grippe qui n'ont pas développé de résistance et, la plupart du temps, ne parviendront à réduire la durée des symptômes que d'environ un jour ou deux. L'oseltamivir et le zanamivir peuvent être administrés jusqu'à deux jours après l'exposition au virus soit au tout début des symptômes, en prophylaxie aux personnes à risque élevé de complications comme les personnes immunodéprimées.

Ici, les chercheurs ont testé l'efficacité du nouveau candidat sur des modèles animaux et des cellules en laboratoire. Ils décrivent le processus par lequel le virus de la grippe, grâce à une protéine située à sa surface, infecte les cellules non infectées. Cette protéine aide le virus à déverrouiller la cellule en interagissant avec des composés chimiques spécifiques, les acides sialiques, situés à la surface de la cellule. Une fois à l'intérieur de la cellule, le virus se réplique et utilise l'enzyme neuraminidase pour détacher les nouveaux virions des acides sialiques, qui peuvent ensuite « aller » infecter d'autres cellules. L'oseltamivir et le zanamivir bloquent l'action de l'enzyme neuraminidase et empêchent ainsi les virus répliqués de s'échapper pour aller infecter d'autres cellules.

La nouvelle molécule à base d'acides sialiques, agit sur le même processus que le Tamiflu et le Relenza, mais forme une interaction plus forte avec la neuraminidase que les médicaments existants et bloque une étape du processus par lequel la neuraminidase écarte les acides sialiques. A ce stade très précoce, les chercheurs pensent que les virus de la grippe seront moins susceptibles de développer une résistance à cette nouvelle molécule. Lorsqu'ils comparent son efficacité à Relenza en laboratoire, sur des lignées cellulaires animales et contre des souches virales résistantes au Tamiflu et au Relenza, ils parviennent à stopper la propagation du virus.

Ce nouvel antiviral est donc prometteur, même s'il n'en est qu'à ses tout premiers tests et si d'autres tests sur l'animal et essais sur l'Homme doivent encore être menés.

Source: Science Express DOI: 10.1126/science.1232552 online February 21 2013 Mechanism-Based Covalent Neuraminidase Inhibitors with Broad Spectrum Influenza Antiviral Activity (Visuels CDC)

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