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GROSSESSE: L'âge maternel, déterminant du risque de maladie mitochondriale pour l'enfant

Actualité publiée il y a 6 années 1 mois 2 semaines
PNAS

Cet effet « âge maternel » sur le risque de maladies mitochondriales pour l’Enfant nous est révélé par une équipe de scientifiques de Penn State. C’est une révélation importante : L’âge de la mère pourrait prédire l'accumulation de mutations de l'ADN mitochondrial dans les ovules maternels et la transmission de ces mutations aux enfants à naître. Des indications précieuses pour le conseil génétique lorsqu’on sait que ces mutations sont responsables de plus de 200 pathologies et contribuent à d'autres maladies comme le diabète, le cancer, la maladie de Parkinson et la maladie d'Alzheimer. Des implications présentées dans les Actes de l'Académie nationale des sciences américaine (PNAS).

Les mitochondries sont ces structures, à l'intérieur des cellules, qui produisent de l'énergie et qui contiennent leur propre ADN. Cet ADN, seule la mère le transmet, d'où cette « perspective » de technique combinée à la fécondation in vitro (FIV) qui va utiliser le matériel génétique de 3 personnes afin d'éviter la transmission, par la mère, lorsqu'elle est porteuse de certaines mutations, de maladies mitochondriales à l'Enfant. La membrane interne de la mitochondrie contient chacun des plis distincts appelés crêtes. Dans une mitochondrie normale, ces plis remplissent l'intérieur de la mitochondrie. Dans le cas de mitochondries endommagées (à droite sur visuel ci-contre), le dysfonctionnement peut entrainer des dizaines de maladies mitochondriales rares (ou être impliqué dans des maladies plus fréquentes comme la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson, l'autisme, le cancer, la maladie cardiovasculaire, et le diabète de type 2).


Les maladies mitochondriales, dont l'incidence est estimée à environ 1 sur 5.000 naissances touchent plus d'un système du corps humain, rappelle également Kateryna Makova, professeur de biologie et l'un des principaux auteurs de l'étude. Elles affectent les organes qui nécessitent beaucoup d'énergie, dont le cœur, le muscle squelettique et le cerveau. Ce sont des maladies dévastatrices qui entrainent un large éventail de symptômes sévères tels que des convulsions, la démence, les migraines, l'insuffisance cardiaque, le diabète et la perte d'audition. Beaucoup d'enfants atteints de maladies mitochondriales ont également une espérance de vie réduite. Et il n'existe aujourd'hui aucun traitement.

L'effet de l'âge maternel : L'étude révèle un taux plus élevé de variantes de l'ADN mitochondrial chez les enfants nés de mères plus âgées, et même plus élevé que chez les mères elles-mêmes.

L'équipe de recherche a prélevé des échantillons de sang et de cellules à l'intérieur de la joue chez 39 paires mère-enfant en bonne santé. L'âge des mères variait de 25 à 59 ans. Par séquençage de l'ADN, les chercheurs ont identifié plusieurs mutations dans le sang et les cellules des mères plus âgées. Un constat pas si surprenant, selon les auteurs : Au fil du vieillissement, les cellules se divisent et « accumulent » les mutations. En revanche, la découverte de taux plus élevés de mutations chez les enfants nés de mères plus âgées est surprenante. Les chercheurs l'expliquent par un processus de mutation similaire dans les lignées germinales.

Une héritabilité importante au niveau des ovules en développement : Si les cellules d'œufs en développement passent par une sorte de « goulot d'étranglement » qui réduit le nombre de leurs molécules d'ADN mitochondrial, les chercheurs expliquent que dans le cas des maladies mitochondriales pour lesquelles seule une proportion infime (de type 10%) des molécules d'ADN mitochondrial porteuses de mutations est suffisante pour provoquer la maladie, le risque d'héritabilité pour l'enfant peut changer de façon spectaculaire.

En conclusion, une nouvelle compréhension du risque de maladie mitochondriale, lié à l'âge maternel, qui va influer sur les décisions de planification.

Source: PNAS October 13, 2014, doi: 10.1073/pnas.1409328111 Maternal age effect and severe germ-line bottleneck in the inheritance of human mitochondrial DNA (Visuel1@Gary Carlson et 2@ Kateryna Makova lab, Penn State University-vignette NIH)

Lire aussi: FIV: 3 parents pour un bébé sans maladie mitochondriale

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