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GROSSESSE: Mère au régime, obésité de l'enfant ?

Actualité publiée il y a 11 années 2 mois 2 semaines
Diabetes

L’alimentation de la mère pendant la grossesse influence sérieusement le risque d’obésité de son enfant plus tard dans la vie. Comment ? En modifiant l’ADN de l’enfant alors qu’il est encore en développement. L’alimentation de la mère fait donc partie des causes principales de ces modifications épigénétiques chez l’enfant qui vont conditionner son risque d’obésité, de diabète et de maladies cardiaques, plus tard dans la vie. Une preuve de plus de la nécessité de donner accès à l’équilibre nutritionnel à toutes les femmes en âge de procréer, pour leur santé et celle de la prochaine génération. Des conseils qui seront relayés dans l’édition du 26 avril de la revue scientifique Diabetes.

Cette étude internationale, dirigée par des chercheurs de l'Université de Southampton, de Nouvelle-Zélande et de Singapour, montre pour la première fois que pendant la grossesse, l'alimentation de la mère peut modifier la fonction de l'ADN de son enfant. Ce processus, appelé changements épigénétiques, peut par exemple, conduire l'enfant à “fixer” plus de matières grasses. Des conclusions qui valent quels que soient le poids de la mère et celui de l'enfant à la naissance.


Le Pr. Keith Godfrey, professeur d'épidémiologie à l'Université de Southampton, auteur principal de l'étude, déclare: «Nous avons montré pour la première fois que la susceptibilité à l'obésité ne peut pas être simplement attribuée à la combinaison de nos gènes et à notre mode de vie, mais peut être déclenchée par des influences épigénétiques sur le développement du foetus, dont l'alimentation de la mère durant sa grossesse. En bref, le mode d'alimentation de la mère durant la grossesse pourrait favoriser le risque d'obésité de son enfant pendant l'enfance.

Les chercheurs ont mesuré ces changements épigénétiques chez près de 300 enfants à la naissance et ont montré que ces changements prédisent de manière significative le degré d'obésité à 6 ou 9 ans. Ce qui est surprenant, c'est que la mesure de la variation épigénétique à la naissance a permis aux chercheurs de prédire 25% du surpoids. Les modifications épigénétiques modifient la fonction de notre ADN sans en modifier la séquence. Elles peuvent également influer sur la façon dont une personne réagit à des facteurs de mode de vie comme l'alimentation ou l'exercice physique.