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HÉMIPLÉGIE après AVC : Le Prozac® "récupérateur" de motricité

Actualité publiée il y a 9 années 3 mois 18 heures
The Lancet Neurology

Chez les patients ayant subi un AVC ischémique avec déficit moteur léger ou sévère, la prescription précoce du Prozac® (fluoxétine) durant 3 mois, permettrait une meilleure récupération des fonctions motrices. Grâce à ce traitement, 3 fois plus de patients auraient pu, ensuite, conserver leur autonomie dans la vie courante. Ce petit essai mené par une équipe de chercheurs français qui montre que le traitement précoce par Prozac® est bénéfique essentiellement pour les deux membres supérieurs et inférieurs chez ces patients avec déficit moteur après AVC ischémique, est publié dans l’édition du 10 janvier du Lancet Neurology.

Le Pr. François Chollet du Service de neurologie du CHU de Toulouse (Hôpital Purpan-France) et de l'Inserm et ses collègues de l'Inserm, de l'Hôpital Sainte-Anne (Paris), de l'Hôpital Général de Dijon, de l'Hôpital Pitié Salpêtrière (Paris), de l'Hôpital Michalon de Grenoble, du Centre Hospitalier René Dubos de Pontoise, de l'Hôpital Nord Laennec de Nantes et du Centre Hospitalier Universitaire de Besançon, montrent dans cette étude, que le traitement par une classe d'antidépresseurs, les inhibiteurssélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) tel que la fluoxétine facilitent l'amélioration de la récupération de la fonction motrice après un AVC.


Cet essai, en double-aveugle, contrôlé contre placebo a été mené dans 9 centres hospitaliers français, sur 118 patients randomisés, et 113 patients pour l'analyse finale. Tous les patients ont été randomisés dans les 5 à 10 jours suivant un accident ischémique cérébral qui ayant entraîné une hémiplégie ou une hémiparésie. Seules les personnes ayant un score Fugl-Meyer de 55 ou moins - indiquant un déficit modéré à sévère - ont été inclus. Les patients du groupe traitement ont reçu 20 mg de fluoxétine une fois par jour pendant trois mois. Tous les patients (groupe « traitement » et groupe témoin) ont reçu les soins habituels dont de physiothérapie.

34% des patients « sous fluoxétine » conservent leur autonomie : Au départ de l'étude, le score Fugl-Meyer s'est avéré légèrement plus élevé - indiquant de meilleures fonctions motrices, dans le groupe fluoxétine (17,7 versus 13,4). Après 3 mois de traitement, l'amélioration moyenne du score sur l'évaluation de Fugl-Meyer de la fonction motrice s'avère de 9,8 points de plus dans le groupe de patients traités par fluoxétine (34 versus 24,3 points sur 100, P = 0,003). La proportion de patients ayant conservé leur autonomie dans leurs activités de la vie quotidienne (mesuré par score de Rankin) s'avère significativement plus élevée dans le groupe « fluoxétine » (34% contre 11%, P = 0,021). Enfin, un nombre moins élevé de patients dans le groupe « fluoxétine » a subi une régression de ses fonctions motrices (7% contre 29%, P = 0,002).

Les principaux effets indésirables spécifiques au groupe « fluoxétine » sont des troubles digestifs transitoires (25% contre 11%) et une crise d'épilepsie partielle.

Certes, cette étude est limitée à un petit nombre de patients, la courte durée du traitement et un suivi de court terme. Selon les chercheurs, les résultats doivent donc être confirmés dans une étude plus vaste avec des participants dont les caractéristiques sont plus proches de la population générale des patients ayant subi un AVC.