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IMPLANTS MAMMAIRES et traçabilité: Des députés britanniques pour un registre national

Actualité publiée il y a 10 années 3 semaines 2 jours
Sécurité sanitaire

Après les sénateurs américains qui ont déposé au Congrès mi-décembre, un nouveau projet de Loi pour la Sécurité des patients, exigeant la traçabilité de chaque prothèse et donc le suivi des éventuels effets indésirables à long terme, c’est au tour du Ministère de la santé britannique et de certains députés britanniques d’envisager des registres de patientes pour les implants mammaires et autres formes de chirurgie esthétique. Très touché par l’affaire PIP, avec près de 40.000 femmes concernées, le Royaume-Uni, veut aujourd’hui pouvoir répondre à l’avenir à une alerte sanitaire de ce type, surtout lorsqu’elle est liée à des dispositifs défectueux…importés.

Le journal britannique The Guardian fait aujourd'hui état de cette demande, partagée par les députés conservateurs pour pouvoir « retracer les patientes » et être en mesure d'éviter une nouvelle crise sanitaire du même type. Et cela malgré la position du MHRA britannique qui rassure sur l'absence de caractère génotoxique des prothèses PIP et ne recommande pas aux patientes britanniques le retrait, sauuf en cas de rupture. Selon le Times, Stephen Dorrell, président du Commons health select Committee (Commission à la Santé à la Chambre) et ex-Secrétaire à la Santé souhaiterait imposer aux fabricants et fournisseurs de tenir des registres en Grande-Bretagne, rapporte le Times. Un député britannique explique qu'une grande partie de l'industrie cosmétique n'est pas assez réglementée. Ces réactions sont dans la lignée d'un récent rapport britannique, du National Confidential Enquiry into Patient Outcome and Death qui critiquait les pratiques de cliniques de chirurgie esthétique, la déficience de normes, de contrôle et de suivi.


La France, comme les Etats-Unis ne disposent pas encore de tels registres. D'où la demande récente du Ministère aux patientes françaises, de se manifester à leur chirurgien. De nombreuses patientes ignorent la marque de leurs prothèses et qu'elles sont porteuses de PIP. Aux Etats-Unis, les fabricants américains voient l'établissement d'un tel registre d'un mauvais œil, ne serait-ce que parce qu'il donne accès aux données de sécurité des concurrents. Pourtant, de tels registres seraient extrêmement précieux pour l'ensemble des institutions et fabricants responsables de la sécurité de ces dispositifs.

A partir du moment où le dispositif est mis dans un corps humain, il devrait avoir une piste de de traçabilité et de vérification pour savoir où, quand et comment il est utilisé. Et l'information reste très peu accessible et morcelée dans la littérature scientifique. Les études effectuées sur ces prothèses ne prouvent pas leur innocuité sur la santé des patients et, pour ce qui est des études françaises, le rapport de la Haute Autorité de Santé de mai 2009 reconnaît que seule une petite partie des études publiées sont fiables. Alors, à ce stade, la demande britannique semble légitime.

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