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INFERTILITÉ FÉMININE et risque d'AVC plus tard dans la vie

Actualité publiée il y a 4 mois 6 jours 8 heures
BMJ
L'infertilité et les fausses-couches peuvent augmenter le risque d'AVC chez les femmes plus tard dans la vie (Visuel Fotolia)

L'infertilité et les fausses-couches peuvent augmenter le risque d'AVC chez les femmes plus tard dans la vie, conclut cette recherche internationale, menée à l’University of Queensland (Australie). Ainsi, des antécédents de fausse couche ou de mortinaissance pourraient être considérés comme des facteurs de risque d'accident vasculaire cérébral (AVC) spécifiques aux femmes, selon cette analyse d'études d’observation, publiée dans le British Medical Journal (BMJ).

 

Ces conclusions appellent à une surveillance précoce et plus rigoureuse des femmes ayant subi une fausse couche ou vécu une mortinaissance, avec la mise en œuvre de mesures spécifiques, dont des changements de mode de vie, afin de réduire leur risque d’AVC.

 

À l'échelle mondiale, les AVC sont l'une des principales causes de décès et d'invalidité chez les femmes. En 2019, environ 3 millions de femmes sont mortes d'un AVC. 10 millions d'années de vie en bonne santé sont perdues, chez les femmes, en raison d'un handicap à la suite d’un AVC, ce qui représente une perte d’années de vies en bonne santé supérieure de 44 % à celle accusée par les hommes.

 

En fait, les facteurs de risque d'AVC connus tels que l'obésité, l'hypertension artérielle (HTA) et le diabète n'expliquent pas entièrement le risque plus élevé d'AVC chez les femmes. Les études antérieures sur le lien entre l'infertilité, les fausses couches et la mortinatalité, et le risque d'AVC à long terme ont abouti à des résultats peu concluants. Cette étude précise ce lien, en fonction du type spécifique d'AVC.

Des facteurs de risque d’AVC spécifiques aux femmes ? 

L’étude : il s’agit de l’analyse des données du consortium InterLACE, portant sur la santé reproductive et les maladies chroniques, issues au total de 27 études, dont 8 études de 7 pays (Australie, Chine, Japon, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni et États-Unis) et portant au total sur 620.000 femmes âgées de 32 à 73 ans. Les données d’infertilité, sur les fausses couches et les mortinaissances ont été recueillies par questionnaire. Les données d’AVC non mortels ont été recueillies par questionnaires ou à partir des dossiers hospitaliers. Les données de registres hospitaliers ont été utilisées pour identifier les AVC mortels et les décès par sous-types d'AVC (hémorragiques ou ischémiques). Parmi les participantes,

 

  • 275.863 femmes disposaient de données sur les AVC non mortels et mortels,
  • 54.716 femmes ne disposaient que de données sur les AVC non mortels,
  • 288.272 ne disposaient que de données sur les AVC mortels. Au sein de ce groupe, 9.265 (2,8 %) femmes ont subi un premier AVC non mortel à un âge médian de 62 ans et 4.003 ( soit 0,7 %) ont subi un AVC mortel à un âge médian de 71 ans ;
  • les participantes ayant subi un AVC non mortel avant l'âge de 40 ans ont été exclues, car cet AVC pouvait alors précéder les antécédents d'infertilité, de perte de grossesse ou de mortinaissance. Plusieurs facteurs de confusion ont également été pris en compte dont l'origine ethnique, le poids, le mode de vie et les comorbidités sous-jacentes ;
  • l’infertilité, les fausses couches et les mortinaissances sont associées à un risque accru d’AVC, en particulier les fausses couches récurrentes (>3) et les mortinaissances ;
  • les femmes avec antécédents d'infertilité encourent un risque accru de 14 % d'AVC non mortel ;

  • la fausse couche s’avère également associée à un risque accru de 11% d'AVC non mortel et ce risque augmente avec le nombre de fausses couches : 1,2, 3 fausses couches induisent une augmentation de 7 %, 12 % et 35 % du risque d'AVC, respectivement ;
  • 3 fausses couches ou plus induisent un risque accru d'AVC ischémique et hémorragique non mortel de 37 % et 41 % respectivement ;
  • pour les AVC ischémiques et hémorragiques mortels, 3 fausses couches ou plus sont associées à une augmentation du risque de 83 % et 84 %, respectivement ;
  • les antécédents de mortinaissance sont associés à un risque accru de 30 % d'AVC non mortel, et les femmes ayant vécu plusieurs mortinaissances (2 ou +) présentent un risque accru de 80 % d’AVC ischémique non mortel ;
  • la mortinaissance récurrente est associée à un risque accru de 40 % d’AVC mortel.

 

Quelles explications ? Les chercheurs suggèrent que :

 

  • le lien entre l'infertilité et le risque accru d'AVC peut être dû à des conditions telles que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et l'insuffisance ovarienne prématurée tandis que le dysfonctionnement endothélial (rétrécissement des vaisseaux sanguins du cœur) peut expliquer le risque accru d’AVC chez les femmes ayant des antécédents de mortinaissance ou de fausse couche à répétition ;
  • les modes de vie malsains (avec des tabagisme ou l'obésité) sont également associés à la perte de grossesse, ainsi qu'à l'infertilité, et pourraient également contribuer au risque d’AVC.

 

Il s'agit d'une étude observationnelle qui n’établit pas de relation de cause à effet et qui a analysé des données recueillies en majorité à partir de questionnaires. Mais il s’agit aussi d’une vaste étude bien conçue dont les résultats sont robustes.

Selon ses auteurs, « avoir des antécédents de perte de grossesse peut être considéré comme un facteur de risque d’AVC spécifique aux femmes ».

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