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INFERTILITÉ: A-t-on vraiment besoin du chromosome Y?

Actualité publiée il y a 5 années 3 semaines 2 jours
Science Express

Drôle de question, un peu provocatrice, mais posée par ces chercheurs de l’Université d’Hawaï qui ont réussi, en laboratoire, à féconder un ovule de souris avec des spermatozoïdes de souris privées de chromosome Y. Au-delà de la prouesse, leurs conclusions, publiées dans l’édition du 21 novembre de la revue Science, pourraient contribuer à régler, en fécondation in vitro (FIV), les "problèmes" liés aux anomalies génétiques des spermatozoïdes.

Rappelons juste, pour cette étude sur l'animal, que si les femelles ont une paire XX, les mâles une paire de chromosomes XY, le chromosome Y est connu pour coder pour un certain nombre de gènes, dont ceux nécessaires au maintien des fonctions normales du sperme. Ainsi, le chromosome Y va, dès le début de la gestation, déclencher le développement des organes sexuels mâles et permettre leur bon fonctionnement. Par conséquent, si le chromosome Y était absent chez le mâle et que le chromosome sexuel hérité du père était un autre X, la progéniture se développerait comme des femelles.


· Ici, les chercheurs ont modifié génétiquement des souris, en les privant du chromosome Y, qu'ils nomment « XO », O représentant le chromosome manquant. Les chercheurs ont ensuite regardé de quels gènes ils avaient besoin pour que la souris génétiquement modifiée soit capable de développer des spermatozoïdes capables eux-mêmes de féconder des ovules de manière à produire une progéniture. Ces souris mâles sans l'être, ont alors été dotées de 2 gènes supplémentaires, un gène, nommé Syr qui entraîne le développement des testicules et un gène, nommé Eif2s3y, impliqué dans la production de spermatozoïdes.

· Les chercheurs ont alors examiné les testicules des souris transgènes et démontré qu'ils produisaient du sperme, mais peu, et présentaient des anomalies de la structure des tubes séminifères.

· Les chercheurs ont ensuite testé les spermatides (des précurseurs des spermatozoïdes) dont la plupart n'allaient pas jusqu'au bout de leur développement, présentaient une taille, une forme et une structure anormales.

· Les chercheurs ont ensuite injecté les spermatides valides dans des ovules de souris par ICSI (Injection intracytoplasmique de spermatozoïdes). La technique précisément utilisée est l' «injection de spermatides ronds » -puisqu'elle implique l'injection de cellules de spermatozoïdes immatures-, une technique encore très expérimentale chez l'Homme.

· Le « sperme » de 3 souris XO sur 4 s'est ainsi avéré capable de féconder les ovules qui, transférés chez des femelles, ont donné une progéniture étaient en bonne santé et à son tour fertile.

· Enfin, le taux de réussite de « l'ICSI » a été estimé à 9 % avec ces souris XO vs 26 % avec des souris normales XY.

Tout d'abord les chercheurs apportent ici la preuve de concept que ces spermatozoïdes de souris « XO » ont pu féconder un ovule de souris par fécondation in vitro. Ensuite, leur recherche fait avancer la compréhension de la biologie de la reproduction. Mais si leurs résultats sont pertinents, ils ne sont pas directement transposables aux « mâles humains ». En conclusion, cette étude ne suggère en aucun cas que la contribution du chromosome Y ou de l'homme est minime ou que la masculinité pourrait être effacée mais elle apporte l'espoir de pouvoir un jour palier à certaines anomalies génétiques des spermatozoïdes, en faisant avancer les techniques de procréation assistée.

Source: Science November 21 2013 DOI: 10.1126/science.1242544 Two Y Genes Can Replace the Entire Y Chromosome for Assisted Reproduction in the Mouse (Visuels NIH)

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