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Injections ANTI-RIDES: Chirurgiens plasticiens vs Chirurgiens-dentistes

Actualité publiée il y a 6 années 10 mois 1 semaine
Profession

Comment monter l’une contre l’autre deux professions de santé ? En interdisant, à la demande d’une profession et dans un contexte de flou réglementaire, que l’autre puisse exercer les mêmes gestes. Alors que la Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (SoFCPRE) se félicite des déclarations de la Secrétaire d’Etat à la Santé visant à interdire aux chirurgiens-dentistes de pratiquer des injections de comblement des rides sur leurs patientes, l'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD) s’apprête à faire recours auprès de la Cour européenne de justice.

Un débat, si l'on comprend les deux parties, qui semble mineur au regard de la déficience de données de surveillance, de taux d'effets indésirables à long terme et de l'absence de réelle réglementation sur ces dispositifs invasifs que sont les dispositifs de comblement des rides, tout comme dans le cas des implants mammaires.


Chirurgie plastique contre chirurgie dentaire : Certes, ainsi, la secrétaire d'Etat prend position en faveur d'un encadrement plus strict de l'usage des produits de comblement dans le visage mais n'attaque pas le « fond du problème ». Une décision d'Etat, qui devrait donner lieu à un prochain décret, qui fait suite à la demande dès juillet 2010 de la SoFCPRE d'un renforcement de la réglementation. Pour la Société Française de Chirurgie Plastique, il s'agit aussi de défendre les intérêts de la communauté des chirurgiens plasticiens, associés aux dermatologues et aux médecins esthétiques. C'est aussi, selon le communiqué de la SoFCPRE, lié à une saisine du Ministère de la Santé par l'ordre des médecins, consécutivement aux revendications de l'ordre des chirurgiens-dentistes, qui entendait faire reconnaître une expertise suffisante pour procéder à des injections de comblement sur leurs patientes.

Alors que la Direction générale de la Santé (DGS) considère «qu'actuellement, les chirurgiens-dentistes ne peuvent réaliser que «l'exercice de l'art dentaire» dans le domaine du soin (L 4141-1 du CSP)», l'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD) se réfère à une disposition du Code de la santé introduite en 2004, qui intégrait dans leur champ de compétences les «tissus attenants» à la bouche.

Des complications liées à la technique d'injection : La Société Savante de chirurgie plastique rappelle à cette occasion que les produits de comblement peuvent également, de façon rarissime, conduire à des complications majeures, voire irréversibles, liées à une mauvaise technique d'injection. En cas de complication vasculaire, seule une détection et une action immédiate par un praticien correctement formé et habitué à repérer ce type de problème sur la peau et à les traiter, permet d'éviter les risques de séquelles.

Les effets indésirables existent, au-delà des techniques d'injections. L'Afssaps qui a fait le point en juin 2011 sur ces dispositifs et qui relève le danger des produits non résorbables, rappelle que tout corps étranger introduit dans la peau est susceptible de provoquer une réaction cutanée. Ces réactions sont le plus souvent temporaires (rougeur, œdème..) mais influencées par de nombreux facteurs extérieurs comme, au-delà de la technique d'injection, la nature du produit utilisé, le site d'injection et le nombre d'injections ainsi que les facteurs spécifiques au patient. Le risque de granulome, qui peut survenir plusieurs mois voire plusieurs années après l'implantation du produit est également signalé. Selon l'Afssaps, la fréquence des effets indésirables graves se situe entre 0,1 et 1% des patients.

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