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La DÉPRESSION postnatale, trop souvent passée sous silence

Actualité publiée il y a 10 années 2 semaines 2 jours
Charity 4Children- NHS

Oui, la dépression postnatale (DPN) peut être traitée. Non, la plupart des DPN ne sont pas prises en charge. Et pourtant, selon cette étude, ce n’est pas une affection rare et les taux de dépression postnatale pourraient être bien supérieurs aux estimations antérieures. La DPN concernerait jusqu’à 30% des jeunes mamans, selon cette étude de The Charity 4Children, publiée au 4 octobre par le National Health Institute britannique. Un rapport qui appelle à un meilleur suivi psychologique des femmes après la naissance.

Cette nouvelle enquête et le rapport réalisés par l'organisme de bienfaisance The Charity a voulu examiner comment la dépression postnatale (DPN) est prise en charge au Royaume-Uni. Ces chiffres qui concernent donc le Royaume-Uni peuvent nourrir la réflexion, partout en Europe.


Le 4Children a mené une enquête auprès de 2.318 mères sur leur connaissance et leur expérience de la dépression postnatale et a estimé combien de ces mères souffrent de cette dépression.

· Environ 33% des mères qui ont présenté des symptômes de dépression pendant la grossesse ont poursuivi par une DPN.

· Environ 25% des mères souffraient toujours de DPN jusqu'à un an après la naissance de leur enfant

· Environ 58% des nouvelles mères avec PND n'ont pas sollicité une aide médicale. Majoritairement par méconnaissance de la DPN ou par crainte de la signaler.

Un grand nombre de mères souffrent de dépression pendant 4 à 6 semaines après l'accouchement. Il y a un large éventail de symptômes que les femmes avec DPN peuvent éprouver, le symptôme évident de sensation de faiblesse, les sentiments de solitude et de culpabilité, la sensation de fatigue ou les troubles du sommeil et jusqu'à une difficulté à communiquer avec son bébé ou avec sa famille. La DPN est bien distincte du «baby blues», une baisse de moral à court terme vécue par environ 80% des nouvelles mères. Le baby blues disparaît en une semaine ou deux, tandis que les symptômes de dépression postnatale sont plus durables et peuvent parfois interférer avec la vie quotidienne.

4Children considère qu'il y a DPN, au-delà de trois symptômes ou plus, parmi les suivants:

· baisse de l'humeur

· épuisement constant

· incapacité à faire face

· sentiment de culpabilité

· incapacité à aimer le bébé

· anxiété insurmontable

· difficulté à dormir

· manque d'appétit

· aggravation des difficultés avec le bébé

· difficultés relationnelles avec le partenaire

· manque d'énergie

· faible libido

· retrait social (famille et amis)

· pleurs sans raison

Les jeunes mères qui éprouvent 3 de ces symptômes sont considérées comme en DPN bégnine, 5 à 6 symptômes DPN modérée, plus de 6 symptômes DPN sévère.

Les directives actuelles recommandent que les professionnels de santé posent systématiquement aux femmes enceintes quelques questions sur d'éventuels symptômes de DPN afin de détecter la dépression prénatale, sensibiliser la mère au baby blues et à la DPN, et bien identifier les facteurs de risque chez la patiente. Environ deux semaines après la naissance, les femmes devraient toutes pouvoir bénéficier d'une évaluation sur la DPN.

Dans la réalité,

• 47% des femmes sont traitées dans les trois mois qui suivent l'apparition des symptômes

• 23% attendent entre trois et six mois après l'apparition des symptômes de recevoir un traitement,

• 27% attendent plus de six mois après l'apparition des symptômes,

Parmi les femmes ont réclamé l'aide d'un professionnel, 22% se sont déclarées insatisfaites de la prise en charge reçue.

Parmi les femmes ayant reçu un traitement,

• 70% ont reçu des antidépresseurs

• 41% ont reçu des conseils ou une thérapie par la parole

• 6% ont été traitées par un psychologue

• 2% ont reçu un traitement hospitalier en soins psychiatriques

Du coup, le 4Children appelle à des changements dans les modes de prise en charge, sur la sensibilisation et l'amélioration du diagnostic. Il est important que les femmes enceintes ou les nouvelles mères puissent discuter du problème avec un professionnel de santé, car ces symptômes peuvent également être dus à des changements hormonaux ou à la fatigue.

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