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L'AIDE ALIMENTAIRE confrontée aux maladies nutritionnelles

Actualité publiée il y a 5 années 8 mois 3 semaines
InVS

Obésité, hypertension artérielle, diabète mais aussi déficits vitaminiques, avec des incidences particulièrement élevées, sont retrouvées avec une forte prévalence chez les bénéficiaires de l’aide alimentaire, relève l’édition 2011-2012 de l’étude Abena menée, entre autres institutions par l’Observatoire régional de santé Île-de-France (ORS). Des pistes pour améliorer l’organisation de l’aide alimentaire en France et renforcer les actions de prévention, en particulier de proximité, ainsi que les dépistages de maladies chroniques auprès de ces bénéficiaires.

L'aide alimentaire est devenue un recours inévitable pour un nombre croissant de personnes isolées mais aussi de familles, en particulier pour s'approvisionner en produits non périssables, en conserves ou en lait UHT. 51% des bénéficiaires y ont eu recours ces 2 dernières années, vs 34,5% en 2004-2005. Structures « denrées » et structures « Repas » accueillent des profils différents : La population plus féminine (75%) et moins âgée (43 ans en moyenne) dans les structures « Denrées » que dans les structures « Repas », fréquentées par des hommes à 83%, et des bénéficiaires âgés en moyenne de 48 ans. La majorité des bénéficiaires, soit 80% sont sans emploi.


Parmi les personnes fréquentant les structures « Denrées », plus de neuf sur dix déclarent se procurer des produits non périssables (100,0%), des conserves ou du lait UHT (99,9%), des fruits et légumes frais (99,5%), du fromage (97,3%), d'autres produits laitiers, des œufs ou du beurre (99,7%), du pain (97,3%), de la viande ou de la charcuterie (95,6%) ou des produits surgelés (90,9%). En revanche, seuls 78,1% déclarent se procurer du poisson, 88,0% des boissons non alcoolisées et 21,1% des boissons alcoolisées.

Des pathologies liées à la nutrition : L'étude Abena 2011-2012 constate des prévalences des pathologies liées à la nutrition particulièrement élevées chez ces bénéficiaires, qui contribuent à l'image très préoccupante de l'état de santé de ce groupe vulnérable. Ainsi, 35% des femmes recourant à l'aide alimentaire sont ainsi atteintes d'obésité soit une prévalence double de celle de l'obésité en population générale. Dans l'ensemble, 2 bénéficiaires sur 3 sont en surpoids ou obèses avec un IMC moyen de 27,8 kg/m. La prévalence du surpoids atteint ainsi 36%, celle de l'obésité 29%, au total 64,8% des bénéficiaires sont en situation d'excès de poids. La prévalence de la maigreur est de 1,6%.

· La prévalence de l'hypertension artérielle (29%) est élevée et fréquemment accompagnée de déficits en vitamines et minéraux (15% d'anémie et 86% de déficit en vitamine D).

· Près de 10% des femmes présentent une anémie, la prévalence du déficit en folates atteint 27,2%,

les déficiences en β carotène et en rétinol 26,6% et 15,1%, les déficits sévères en vitamine D 45,9% ;

Au total, le pourcentage de personnes ayant un dosage de vitamine D considéré comme insuffisant s'élève à 98,2%.

L'équilibre nutritionnel n'est pas atteint, avec une consommation de fruits et légumes et de produits laitiers frais insuffisante et très faible par rapport à la population générale. En revanche, près de trois usagers des structures « Denrées » sur dix consomment quotidiennement des aliments sucrés et la proportion de personnes ne consommant jamais de produits gras et salés n'est que de 18,0%. Enfin, un quart des personnes consomment des boissons sucrées quotidiennement et 6,3% de l'alcool tous les jours également.

L'évolution de certains marqueurs biologiques de l'état nutritionnel, comme la baisse de l'anémie par carence en fer, semblent cependant encourageants et incitent à améliorer encore l'aide, tant sur la quantité et que sur la diversité des aliments proposés. L'étude appelle donc au dépistage de maladies chroniques auprès de ces publics.

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