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Le VIRUS XMRV innocenté dans le syndrome de fatigue chronique et le cancer de la prostate

Actualité publiée il y a 11 années 1 mois 1 semaine
Science

L’analyse génomique du rétrovirus XMRV chez des souris de laboratoire, indiqueque, finalement, le virus est peu susceptible d'être responsable ni de cancer de la prostate ni de syndrome de fatigue chronique chez les humains, comme cela a été précédemment publié. Ce virus aurait émergé suite à la recombinaison génétique de deux virus de la souris et les infections constatées en laboratoire feraient suite aux expériences de laboratoire qui auraient permis l’émergence de XMRV. Ces résultats sont apportés par deux études différentes publiées dans la même édition en ligne du 31 mai de la prestigieuse revue Science, celle-là même qui, en 2009, dans un autre article, “accusait” le virus. 1. Le Pr. Vinay Pathak et son équipe de recherche de l'Institut national du cancer (NCI-NIH), en collaboration avec d'autres chercheurs décrit les expériences menées, explique quand et comment s’est développé le virus XMRV (pour Xenotropic murine leukemia virus-related virus), en explique l'origine et démontre que son association avec le syndrome de fatigue chronique et le cancer de la protate “ne tient pas”. 2. Une seconde étude sur XMRV (al Knox et al.) confirme l'absence d'association entre le virus et le syndrome de fatigue chronique à partir des données d’une étude menée en 2009.

«Pris ensemble, ces résultats ferment la porte à la responsabilité de XMRV sur le développement de maladies humaines", conclut le Pr. John Coffin, conseiller spécial du directeur du NCI, et professeur à la Tufts University School of Medicine, co-auteur du premier article.


Les virus de la leucémie murine sont des rétrovirus qui causent des cancers et d'autres maladies chez les souris. Ils sont divisés en différents types, dont l'un est le virus xénotropique de la leucémie murine, le fameux XMRV. Bien que les virus de cette classe ne peuvent pas croître dans ou infecter les cellules des souris de laboratoire, ils peuvent infecter les cellules d'autres espèces, dont les cellules humaines.

L'histoire de XMRV : Le rétrovirus a d'abord été rapporté dans des échantillons de tumeur de la prostate prélevés sur l'homme en 2006, puis sa présence a été signalée dans 6 à 27% des cancers de la prostate. Des recherches ultérieures ont identifié XMRV dans le sang de 67% des personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique. D'où l'association entre XMRV et ces deux pathologies.

Pour tenter de résoudre le degré d'association entre la maladie chez l'homme et XMRV, le Pr. Pathak, qui a dirigé ces études au NCI et coll. ont examiné des cellules prostatiques cancéreuses humaines ainsi que les cellules résultant de tumeurs une fois ces cellules greffées sur des souris. Le greffage de tumeurs humaines ou xénogreffes dans des souris est un moyen courant pour étudier la maladie, par exemple pour tester sans risque de nouveaux traitements. L'étude montre que XMRV n'était pas présent dans la tumeur d'origine humaine comme on le supposait auparavant. Au lieu de cela, le virus semble avoir infecté les cellules tumorales une fois la tumeur greffée chez la souris. En outre, les souris qui ont été xénogreffées de cellules tumorales de la prostate présentent 2 virus précédemment décrits, PreXMRV PreXMRV-1 et-2. Chacun de ces virus a comporte plus de 3.200 nucléotides, les éléments de base de l'ADN, est presque identique à XMRV, ne différant que par un seul nucléotide. La comparaison génétique des 2 virus PreXMRV PreXMRV-1 et-2 suggère que leur recombinaison dans les cellules humaines a pu générer XMRV.

Sur la base de cette analyse génétique, les scientifiques concluent qu'XMRV n'est pas présent dans les échantillons d'origine de la tumeur de la prostate, mais seulement après avoir été mis en culture et que l'association de XMRV avec la maladie humaine est due à la contamination des échantillons par le virus.

“Les scientifiques peuvent désormais se concentrer sur les véritables causes de ces maladies », a déclaré Pathak!