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Les AINS en début de grossesse, doublent le risque de fausse couche

Actualité publiée il y a 8 années 1 semaine 3 jours
Canadian Medical Association Journal

La prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens en début de grossesse pourrait plus que doubler le risque de fausse couche selon cette étude publiée dans l’édition du 6 septembre du Canadian Medical Association Journal et menée sur près de 5.000 grossesses avec au moins une prescription d’AINS. Ce qui est nouveau est le caractère significatif de ce résultat, même en tout début de grossesse.

Ce risque de fausse couche est 2,4 fois plus élevé pour les femmes qui ont pris des AINS en début de grossesse, quelle que soit la dose et le type. Les AINS comprennent le naproxène, l'ibuprofène, le diclofénac et le célécoxib, rappellent les auteurs et restent parmi les médicaments les plus couramment utilisés pendant la grossesse. Si l'utilisation de ces médicaments pendant la grossesse est déjà source d'inquiétudes, les études déjà menées sur leurs risques sont parfois contradictoires.


7,5% des femmes ayant pris des AINS ont eu une fausse couche : Des chercheurs de l'Université de Montréal, du CHU Sainte-Justine (Québec), et de L'École nationale de la statistique et de l'analyse de l'information (Ensai Rennes- France) ont voulu déterminer le risque de fausse couche associé avec les différents types et dosages d'AINS. L'analyse a été menée sur 4.705 cas de fausse-couche intervenus jusqu'à la 20e semaine de grossesse, dont 352 (7,5%) intervenus alors que la mère avait pris des AINS. Sur les 47.050 femmes du groupe témoin sans fausse couche, 1.213 (2,6%) avaient été exposées aux AINS. L'ensemble des participantes étaient âgées de 15 à 45 ans au premier jour de grossesse. L'exposition aux AINS a été définie comme au moins une prescription, quel que soit le type, au cours des 20 premières semaines de grossesse ou dans les 2 semaines précédant la grossesse.

"L'utilisation des AINS en début de grossesse est associée à un risque statistiquement significatif (2,4 fois plus) de fausse couche", conclut le Dr Anick Bérard, de l'Université de Montréal. «Nous avons vu constamment que le risque de fausse couche suivait la prise de diclofénac, naproxène, célécoxib, d'ibuprofène et de rofécoxib seul ou combiné, suggérant un effet de classe». Le risque le plus élevé est associé avec le diclofénac.

Ces résultats cohérents avec d'autres études, confirment que les AINS doivent être utilisés avec grande prudence pendant la grossesse» concluent les auteurs.

Source: CMAJ 2011. DOI:10.1503 /cmaj.110454 “Use of nonaspirin nonsteroidal anti-inflammatory drugs during pregnancy and the risk of spontaneous abortion

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