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L'ESPÉRANCE de VIE ne cesse d'augmenter en Europe, plus qu'aux Etats-Unis

Actualité publiée il y a 10 années 10 mois 6 jours
International Journal of Epidemiology

L'espérance de vie en Europe ne cesse d'augmenter, en dépit de l'épidémie d'obésité, et les Européens vivent plus longtemps que les Américains, selon ce rapport publié par un chercheur de la London School of Hygiene and Tropical Medicine dans l'International Journal of Epidemiology. Un allongement de 6 à 8 années sur 40 ans, dont les principaux facteurs en Europe seraient sociaux et politiques et précisément aussi, la baisse de décès liés aux maladies cardiovasculaires. Quel rôle alors pour l’obésité? Pour l’auteur, l’effet générationnel n’a pas encore “donné tout son impact”.

Le Pr. David Leon, épidémiologiste et spécialiste de la santé publique a analysé les tendances au cours de ces 40 dernières années sur la base des données de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de la Human Mortality Database* et a dégagé des tendances positives en dépit de l'épidémie d'obésité dans les pays plus riches. Son analyse montre qu'au cours des cinq dernières années, dans la plupart des pays européens, l'espérance de vie n'a cessé d'augmenter, en particulier grâce à la réduction des décès liés aux maladies cardio-vasculaires liée elle-même à une réduction du tabagisme et d'autres facteurs de risque, comme la sédentarité, par exemple.


(ci-contre) comprend également les tendances pour le Japon et les États-Unis. Pour les hommes, la croissance de l'espérance de vie dans ces deux pays est très similaire à celle constatée dans la majorité des pays d'Europe occidentale, mais le Japon est proche du sommet, tandis que les États-Unis sont en deça.

Le contraste Europe vs Japon et Etats-Unis est plus frappant pour les femmes : L'espérance de vie des Japonaises a augmenté à un rythme beaucoup plus fort que n'importe quel pays en Europe occidentale alors que, depuis le début des années 1980, l'espérance de vie pour les femmes américaines a augmenté à un rythme beaucoup plus lent.

Le produit intérieur brut (PIB) et des dépenses de santé par habitant ne sont pas de bons prédicteurs de l'espérance de vie : L'espérance de vie féminine au Danemark et aux Pays-Bas, a connu, tout comme aux Etats-Unis, une longue stagnation dans les années 1980 et 1990, alors que les dépenses de santé sont élevées. Le Portugal a suivi une évolution totalement atypique et déconnectée de ses dépenses de santé : Avec l'une des espérances de vie les plus faibles en 1970, liée à un taux de mortalité infantile élevé, en 2009, il avait atteint 76 et 82 ans, d'espérance de vie homme-femme, soit une augmentation considérable liée, en majorité, aux baisses massives de taux de mortalité infantile. Enfin, en dépit de dépenses de santé par habitant les plus élevées au monde, l'espérance de vie des États-Unis se stabilise aux alentours de 78 ans, au même niveau que les pays d'Europe occidentale les “plus bas”.

Le rôle important des facteurs sociaux, politiques et économiques, en Europe particulièrement, se dégage lorsque l'on regarde les éolutions de l'Espérance de vie dans les pays d'Europe de l'Est où les conflits sont liés à des réductions simultanées. La plus grande espérance de vie chez les femmes que chez les hommes s'explique certainement par des facteurs comportementaux, en particulier le tabagisme qui représenterait 40-60% de l'écart entre les sexes et l'alcool, de 20-30% de l'écart.

La baisse de la mortalité par maladies cardiovasculaires en Europe occidentale, l'amélioration des traitements et la prise en charge des facteurs de risque des maladies coronariennes pourraient enfin expliquer, selon l'auteur, d'un quart à la moitié de la baisse des taux de mortalité et donc de l'allongement de l'espérance de vie. Si l'augmentation de la prévalence de l'obésité, dans nos pays, pouvait laisser craindre le pire, l'impact des taux croissants d'obésité reste encore à étudier, d'autant, précise l'auteur que l'effet générationnel n'a probablement pas encore été pris en compte.