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Maladie de LYME: Pourquoi certains patients ne parviennent pas à s'en débarrasser

Actualité publiée il y a 8 années 11 mois 1 semaine
Clinical Immunology et Nature

Certains patients atteints de la maladie de Lyme présentent encore des symptômes longtemps après la fin de leur traitement. Cette étude publiée dans l’édition en ligne du 5 août de la revue Nature explique pourquoi, chez certains patients ce syndrome est “insaisissable”. Les auteurs parlent alors de syndrome post-Lyme. Les variations d’une protéine spécifique située à la surface de la bactérie responsable, seraient responsables de cette persistance de la maladie.

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Les symptômes de la maladie de Lyme qui incluent la fatigue, la douleur, la perte de mémoire ou de concentration, peuvent être à nouveau diagnostiqués après le traitement comme un “syndrome post-maladie de Lyme”. Mais ces diagnostics sont difficiles parce que ces patients ne présentent plus la bactérie qui cause la maladie de Lyme et leurs symptômes peuvent être interprétés comme ceux d'un syndrome de fatigue chronique ou de dépression. Pourtant, il s'agit toujours de la maladie de Lyme.


Armin Alaedini du Weill Cornell Medical College de New York et ses collègues constatent que les patients diagnostiqués avec un syndrome post-maladie de Lyme ont des anticorps qui suggèrent qu'ils portaient l'infection pendant un temps anormalement long. Cette découverte, publiée dans Immunology clinique et relayée par Nature pourrait aider à mieux comprendre ce syndrome à mieux le diagnostiquer et le traiter. L'équipe s'est penchée sur les anticorps en réponse à une protéine appelée VlsE, qui se trouve à la surface de Borrelia burgdorferi, la bactérie transmise par les tiques qui cause la maladie de Lyme. Les anticorps reconnaissent un fragment de la protéine appelé un épitope et incitent le système immunitaire à attaquer la bactérie. Les chercheurs constatent que les patients atteints de syndrome post-Lyme présentent une grande variété d'anticorps dirigés contre cet épitope.

Cette constatation suggère que ces patients ont connu une infection prolongée avec des variations des épitopes de la protéine VlsE située à la surface de Borrelia burgdorferi. En raison de ces variations, le corps fabrique des anticorps ciblant la nouvelle modification de la protéine. “Certains patients souffrant de syndrome post-Lyme avaient des anticorps contre des épitopes variés de VlsE en dépit d'un diagnostic et d'un traitement précoces”, explique A. Alaedini. "Cela signifie qu'ils ont eu naturellement une réponse à l'infection différente de la plupart des gens ce qui signifie qu'ils n'ont pas été traités correctement ou qu'ils ont été réinfectés et que la seconde infection n'a jamais été traitée”.

Cette étude est la première à identifier une différence entre maladie de Lyme et syndrome post-maladie de Lyme. Si ces anticorps sont spécifiques aux personnes atteintes de la maladie de Lyme de manière chronique, ils pourraient conduire à un test et à un traitement spécifique pour le “syndrome post-Lyme”.

En France, la maladie de Lyme touche 7 à 10.000 personnes chaque année, avec des formes invalidantes, par retard de diagnostic biologique et de traitement antibiotique ciblé.