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MÉLANOME: Des bêta-bloquants pour le cancer de la peau?

Actualité publiée il y a 8 années 2 mois 6 jours
Cancer, Epidemiology, Biomarkers & Prevention

Cette étude suggère qu'il existe une association entre l'utilisation de bêta-bloquants et le risque de décès toutes causes confondues chez des patients diagnostiqués avec un mélanome malin. Les bêta-bloquants généralement utilisés dans le traitement des troubles cardiaques et de l’hypertension artérielle pourraient contribuer à la stratégie thérapeutique de ces cancers de la peau. Ces conclusions, publiées dans la revue scientifique Cancer, Epidemiology, Biomarkers & Prevention s’expliquent par la capacité des béta-bloquants à inhiber la croissance tumorale, en empêchant la formation de nouveaux vaisseaux sanguins.

Cette recherche, menée par des chercheurs de l'Ohio State University aux Etats-Unis et de l'hôpital universitaire d'Aarhus au Danemark, a étudié l'effet des médicaments bêta-bloquants sur le risque de décès chez des patients atteints de mélanome malin à partir des dossiers de 4.000 patients sous bêta-bloquants avant leur diagnostic de cancer. Les chercheurs ont comparé la survie de ces patients avec celle de ceux qui n'en avaient jamais utilisés.


Les chercheurs se sont basés sur le rôle des hormones de stress dans la progression de certains types de cancer, dont les mélanomes en prenant l'hypothèse que les bêta-bloquants pourraient être efficaces pour prévenir la croissance des tumeurs de mélanome grâce à leur capacité à inhiber ces hormones du stress connues sous le nom de catécholamines. Les chercheurs ont identifié tous les cas de mélanome malin, en examinant les données de plusieurs registres du Danemark ainsi que l'utilisation des bêta-bloquants et autres médicaments, chez ces patients. Les patients ont été divisés en 3 groupes, ceux qui avaient pris des bêta-bloquants dans les 90 jours précédant le diagnostic de cancer, ceux qui en avaient pris plus de 90 jours avant le diagnostic, et ceux qui n'en n'avaient jamais pris.

Les chercheurs ont identifié une population totale d'étude de 4.279 patients atteints de mélanome dont 660 (15,8%) avaient reçu des bêta-bloquants avant leur diagnostic de cancer. Ils constatent que ,

· les patients qui en avaient pris sont, en moyenne, plus âgés (dans leur soixantaine, plutôt que dans la cinquantaine, pour les autres participants).

· Il n'y a pas de différence significative dans le risque de décès chez les patients avec bêta-bloquants dans les 90 jours précédant le diagnostic (par rapport à ceux qui n'en n'ont jamais pris) (HR : 0,87 IC : 95% de 0,64 à 1,20).

· Les patients avec bêta-bloquants plus de 90 jours avant le diagnostic présentent un risque réduit de 64% de décès lié au mélanome (HR : 0,36 IC : 95% de 0,20 à 0,66).

· Après ajustement avec les autres causes de décès,

· les patients avec bêta-bloquants dans les 90 jours précédant le diagnostic présentent un risque réduit de 19% de décès toutes causes confondues (HR : 0,81 IC : 95% de 0,67 à 0,97).

· Il n'y a pas de différence significative du risque de décès toutes causes confondues chez les patients avec bêta-bloquants plus de 90 jours avant le diagnostic par rapport aux patients non exposés (RH : 0,78 IC : 95%: 0,60 à 1,00).

Les chercheurs concluent à une association entre bêta-bloquants et risque réduit de décès chez les patients diagnostiqués avec un mélanome malin, la forme la plus mortelle de cancer de la peau. Ils suggèrent que l'augmentation du temps de survie laisse espérer que cette classe de médicaments puisse participer à la stratégie thérapeutique pour ces patients.

Source: Cancer Epidemiology Biomarkers & Prevention October 2011 20; doi: 10.1158/1055-9965.EPI-11-0249 β-Blockers and Survival among Danish Patients with Malignant Melanoma: A Population-Based Cohort Study. (Visuels NHS)

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