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MÉNINGITE : De la gorge aux méninges, le voyage du méningocoque enfin décrypté

Actualité publiée il y a 10 années 9 mois 3 semaines
Inserm-SCIENCE

Cette étude menée par l’inserm et l’Université Paris Descartes vient d’identifier comment cette bactérie se dissémine et quitte la gorge pour passer dans la circulation sanguine puis atteindre les méninges. Ces travaux publiés le 11 février 2011 dans la revue Science, qui font l'objet d'une protection par brevet, pourraient contribuer au développement de nouveaux médicaments pour la prévention de la septicémie et de la méningite.

Les bactéries Neisseria meningitidis ou méningocoques constituent les causes majeures de méningites aiguës et peuvent être, en raison de leur potentiel épidémique et leur taux élevé de mortalité (10%) à l'origine de graves épidémies de méningites et de septicémies dans le monde entier. L'Inserm rappelle que la présence localisée du méningocoque dans la gorge est généralement sans aucune conséquence mais, dès que la bactérie quitte la gorge, elle devient alors extrêmement dangereuse. C'est pourquoi cette équipe, conduite par Guillaume Duménil de l'unité mixte de recherche Inserm 970, Université Paris Descartes "Paris centre de recherche cardiovasculaire" vient d'enquêter sur la stratégie développée par le méningocoque pour assurer sa multiplication et sa dissémination.


La multiplication : La gorge, où la bactérie se multiplie, représente une porte d'entrée vers sa dissémination via la circulation sanguine puis sa pénétration dans le cerveau. Dans ces deux derniers cas, l'infection devient alors très grave et provoque un choc septique ou une méningite.

La dissémination : Les méningocoques sont dotés de structures particulières : les pili. Ils leur permettent à la fois d'adhérer aux cellules de la gorge, de s'y multiplier et de former des agrégats. Les chercheurs ont donc étudié la piline", la protéine principale qui compose les pili. Celle-ci évolue au cours du temps et l'ajout d'un composé chimique, le phosphoglycérol, une fois greffé à la piline donne le signal de dissémination. Un gène, « pptB», découvert par les chercheurs, permet le transfert du phosphoglycérol sur la piline. « L'emballement » du gène pptB, provoque l'ajout du phosphoglycérol à la piline. Celle-ci perd alors l'une de ses propriétés essentielles, sa capacité à former des agrégats. Certaines bactéries se détachent alors de la colonie, se disséminent peu à peu et partent "en éclaireurs".

La bactérie atteint la circulation sanguine : La bactérie colonise alors d'autres endroits de la gorge et traverse les cellules qui la tapissent pour parvenir jusqu'à la circulation sanguine. C'est une première étape. "On sait dorénavant comment le méningocoque passe de la gorge au sang".

Si les chercheurs parviennent, dans de prochaines études, à trouver des molécules qui bloquent la dissémination, ils pourraient ouvrir la voie au développement de nouveaux médicaments pour prévenir la septicémie et traiter et septicémie et méningite en limitant et en bloquant la transmission de la bactérie au cerveau.