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NUCLÉAIRE au JAPON: Niveau 6, iode et confinement sur 30 km

Actualité publiée il y a 11 années 3 mois 2 semaines
Sûreté Nucléaire

L’ Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire fait le bilan au 15 mars sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi où une explosion est survenue à l’intérieur du bâtiment du réacteur n°2, à 6h10 heure locale (22h10 heure française) et a conduit à l’endommagement de la piscine de condensation (supression pool) ainsi qu’à une altération de l’enceinte de confinement. Plus de 10.000 décès ont déjà été recensés à la suite du séisme du 11 mars et du tsunami qui a frappé le nord et l'est du pays provoquant l’évacuation de plus de 450.000 personnes et la crise nucléaire continue, avec, cette explosion et un niveau de rayonnement qui dépasse toujours la limite légale. Une réunion sur la situation au Japon est prévue à 12H30 à Matignon autour du Premier Ministre.

Le séisme du 11 mars a fait chauffer les réacteurs de Fukushima Daichi (6 réacteurs) et Fukushima Daini (4 réacteurs) provoquant des rejets d'éléments radioactifs depuis le 12 mars qui présentent un risque de contamination pour les populations. Concernant le réacteur n°1 de Fukushima Daiichi, le séisme a provoqué la perte des alimentations électriques et affecté la station de pompage de la centrale, ce qui a entraîné la perte de refroidissement du cœur du réacteur. Cet incident est depuis ce matin, 15 mars, classé par l'Autorité de sûreté japonaise au niveau 6 de l'échelle INES qui en comporte 7. (Voir point de l'IRSN ci-dessous).


Point de l' IRSN du 15 mars 2011 à 10H30 :

· Centrale de Fukushima : Des doutes existent sur l'inventaire des éléments combustibles stockés dans les piscines des réacteurs n°1, 2, 3 ainsi que sur leurs conditions de refroidissement.

Des informations complémentaires ont été délivrées à l'occasion d'un communiqué du premier ministre aux citoyens japonais : une explosion et un incendie ont été constatés sur le réacteur n°4. L'incendie serait actuellement éteint. Il aurait affecté la piscine d'entreposage du combustible usé, située dans la partie supérieure du bâtiment. On ne peut exclure un rejet de radioactivité directdans l'atmosphère. Pour l'IRSN, les causes de cet événement ne sont pas clairement établies.

Il a été signalé des débits de dose très élevés aux abords des réacteurs 1, 2 et 3. Les dernières

mesures relevées sur les balises à proximité du site confirment une augmentation importante de la radioactivité ambiante. Le site a été évacué, seuls les intervenants sur l'accident sont présents.

Compte tenu des débits de dose, il est à craindre que les conditions d'intervention deviennent très difficiles.

Les rejets radioactifs par bouffées liées aux dépressurisations volontaires se poursuivent sur les réacteurs n°1 et 3. En revanche, compte tenu de l'altération de l'enceinte de confinement du réacteur n°2, l'IRSN estime que les rejets sur ce réacteur sont désormais non filtrés et pourraient être permanents. Le gouvernement japonais a confirmé la zone d'évacuation de 20 km et a décidé une mise à l'abri des populations sur la zone 20-30 km.

Les populations ont été évacuées dans un rayon 20 km autour des centrales et les autorités japonaises ont organisé une distribution de comprimés d'iode.Selon les experts (source AFP), le nuage radioactif qui véhicule de l'iode et du césium se déplace vers le Pacifique. À la centrale nucléaire de Fukushima, le niveau de rayonnement dépasse toujours la limite légale. 37 personnes ont été exposées à des rayonnements de forte proximité et 160 personnes pourraient aussi avoir été fortement exposées selon l'agence de sûreté nucléaire nationale. Les entrainé l'évacuation dans un rayon de 3 km, puis 10 puis 20 km, à mesure que la situation évoluait, rappelle le directeur-général de l'Autorité de Sûreté du nucléaire (ASN). En fonction du niveau d'exposition, les populations exposées risquent de développer un cancer (leucémie, poumon, colon...), des atteintes de la moelle osseuse et le décès.

En cas d'accident nucléaire, l'ingestion d'iode stable est un moyen simple et efficace de protéger la thyroïde contre les effets de l'iode radioactif. En France, par exemple, toutes les personnes résidant dans un périmètre de 10 km autour de l'une des 19 centrales nucléaires françaises reçoivent régulièrement une boîte de comprimés d'iode stable. Les jeunes de moins de 18 ans et les femmes enceintes sont les plus sensibles aux rejets d'iode radioactif, leur protection est prioritaire.

L'iode est un oligo-élément naturel indispensable au bon fonctionnement de la thyroïde, il vient se fixer sur la thyroïde et participe à la sécrétion d'hormones. En revanche, l'iode qui pourrait être rejeté en cas d'accident nucléaire provient d'une réaction physique qui a lieu à l'intérieur de réacteur. Il s'agit d'iode radioactif. En cas d'accident nucléaire, inhalé ou ingéré, l'iode radioactif peut accroître le risque d'apparition de cancer de la thyroïde. En saturant cet organe avant le rejet, l'iode stable évite la fixation de l'iode radioactif, limitant ainsi notablement son impact sanitaire L'évacuation et la mise à l'abri sont les premières mesures en cas d'alerte. Dès l'alerte, les autorités conseillent de s'enfermer dans un bâtiment en dur avec ses comprimés d'iode sous la main et une radio en état marche… quand c'est possible. L'interdiction ou la limitation de consommation de denrées alimentaires peut être également prononcée afin de limiter la contamination par ingestion.

Un réseau de balises de détection de la radioactivité dans l'environnement permet en France, d'identifier de façon fine, précise et en temps réel toute augmentation de la radioactivité. Tous les résultats de ces mesures sont centralisés sur le réseau national de mesures et accessibles à tous sur le site de mesure de radioactivité géré par l'IRSN. Une réunion de crise est organisé ce jour à Matignon autour du Premier Ministre.

Le bilan des morts du séisme et du tsunami qui a frappé le nord et l'est du Japon va probablement dépasser les 10.000 selon les autorités japonaises. Un nombre croissant d'équipes de recherche et de sauvetage arrivent au Japon envoyées par 69 gouvernements et 5 organisations internationales qui ont offert leur assistance.