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NUTRITION : Les mamans “junk food” font des enfants “junk food”

Actualité publiée il y a 11 années 3 mois 2 semaines
FASEB Journal

Cette étude publiée dans le FASEB Journal suggère que les femmes enceintes et allaitantes qui se laissent aller à la junk food ou à une alimentation trop riche en matières grasses et trop sucrée sont plus susceptibles d'avoir des enfants qui adopteront ensuite le même type d’alimentation. Une conclusion qui donne un aperçu de la vitesse de croissance de l'épidémie d’obésité et qui peut aussi expliquer pourquoi certaines personnes sont incapables, de résister aux aliments gras et sucrés, un état allant parfois jusqu’à l’addiction.

Selon cette recherche, menée sur des rats, un régime alimentaire riche en matières grasses conduit à des modifications du circuit de la récompense du cerveau du fœtus (également), conduisant à une modification des préférences alimentaires chez l'enfant.


"Ces résultats nous aideront à mieux conseiller les femmes sur leur alimentation durant la grossesse et l'allaitement maternel, pour donner à leurs enfants le meilleur départ possible dans la vie», explique le Pr. Beverly Muhlhausler, auteur de l'étude et professeur à l'Université d'Adelaide (Australie).

Pour faire cette découverte, le Pr. Muhlhausler et ses collègues ont étudié deux groupes de rats, qui pendant la grossesse et l'allaitement, ont été nourris soit avec un régime standard "pour rats» soit avec un régime alimentaire riche en graisses et en sucre. Après avoir été sevrés, les petits des deux groupes ont été laissés libres de choisir leur alimentation. Certains cerveaux ont également été analysés pour mesurer les niveaux de dopamine et de leurs récepteurs.

Les scientifiques constatent que le groupe des rats issus de mères à régime “junk food” présente des niveaux plus élevés de récepteurs de dopamine après avoir été sevrés. Ce groupe choisit également systématiquement le régime “junk food”: la progéniture des mères alimentées par junk food choisissent une plus grande consommation de matières grasses, du sevrage jusqu'à au moins 3 mois d'âge (hommes: 16 ± 0,6 vs 11 ± 0,8 g / kg / j; femmes: 19 ± 1,3 vs . 13 ± 0,4 g / kg / j, p <0,01). L'expression de l'ARNm du récepteur μ-opioïde (Mu) est 1,6 fois plus élevée à 6 semaines d'âge.

Ces résultats suggèrent que l'exposition prénatale à une alimentation à haute teneur en matières grasses et riche en sucre entraine une altération de la réponse du système de récompense postnatale. L'étude suggère donc bien, sur l'animal, que les nourrissons dont la mère opte pour un régime à haute teneur en matières grasses et en sucre pendant la grossesse ou l'allaitement sont plus susceptibles de préférer ces aliments plus tard dans la vie.