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OBÉSITÉ: Et si un peu de graisse nous protégeait contre les infections?

Actualité publiée il y a 4 années 11 mois 1 semaine
Science

Il y a au moins un bénéfice à l’obésité, au surpoids, à la graisse enfin. C’est ce que révèle cette étude de l’Université de Californie - San Diego publiée dans la revue Science. Une découverte surprenante : Les cellules graisseuses présentes sous la peau contribuent à nous protéger contre les bactéries. Mais attention, via un peptide antimicrobien, dont les niveaux ne doivent être ni trop faibles, ni trop élevés.

Car quand on parle d'infections de la peau, la réponse immunitaire va dépendre en grande partie de ce qui se trouve dessous : Les adipocytes, ces cellules graisseuses présentes vont nous protéger contre les bactéries, montre ici l'équipe du Dr Richard Gallo, professeur de dermatologie à l'UC San Diego School of Medicine. La découverte de ce nouveau rôle jusqu'alors inconnu pour les cellules adipeuses dermiques n'occulte pas les multiples effets délétères liés à un excès de masse adipeuse. Cependant elle contribue à comprendre le processus complexe de défense de l'organisme humain contre l'infection microbienne, à plusieurs niveaux et avec de nombreux types de cellules.


Les adipocytes produisent aussi des antimicrobiens : Ils vont produire des peptides antimicrobiens qui contribuent à repousser les bactéries et autres agents pathogènes. Leur action va donc se combiner à celle des globules blancs sanguins, neutrophiles et macrophages pour nous protéger de l'infection, des cellules qui mettront un peu de temps, néanmoins, pour se regrouper et arriver sur le site de la plaie. Car avant leur arrivée, le corps a besoin d'une réponse plus immédiate.

De précédentes études de la même équipe avaient observé le comportement, dans la couche de graisse de la peau, de la bactérie Staphylococcus aureus, fréquemment impliquée dans les infections cutanées et des tissus mous chez les humains. Ici l'équipe a regardé si la graisse sous-cutanée jouait un rôle dans la prévention des infections de la peau. Les chercheurs ont exposé des souris à S. aureus et, en quelques heures, détectent une augmentation importante du nombre et de la taille des cellules graisseuses sur le site de l'infection. Ces cellules graisseuses produisent des niveaux élevés d'un peptide antimicrobien (antimicrobial peptide-AMP) la cathélicidine, dont le rôle est déjà bien documenté dans la réponse immunitaire innée aux bactéries virus, champignons et autres agents pathogènes.

· Les expériences sur la souris confirment que des souris incapables de produire efficacement des adipocytes n'expriment pas des niveaux suffisants de peptides antimicrobiens et en particulier de cathélicidine. Dans ce cas, l'infection est plus fréquente et plus sévère.

· D'autres tests révèlent que les adipocytes humains produisent également la cathélicidine, suggérant une similarité entre ce type de réponse immunitaire chez les humains et l'animal.

· Enfin, des sujets obèses présentent des niveaux plus élevés de cathélicidine dans leur sang vs des sujets de poids normal.

Le rôle ambigu de la cathélicidine : Les peptides antimicrobiens constituent la première ligne de défense naturelle contre l'infection. « Ils sont et ont été utilisés tout au long de l'évolution par tous les organismes vivants pour se protéger », expliquent les auteurs. « Cependant, dans les humains, c'est une arme à double tranchant, surtout lorsqu'il s'agit de la cathélicidine. Des niveaux trop élevés de ce peptide camp vont conduire au développement de maladies auto-immunes et inflammatoires comme le lupus, le psoriasis et la rosacée.

La production de ce peptide antimicrobien par les adipocytes matures peut se produire soit en cas d'obésité, soit de résistance à l'insuline, ce qui peut aussi entraîner une réponse inflammatoire.

C'est donc un nouvel élément du puzzle de la réponse immunitaire qui vient d'être découvert. Cette découverte suggère en effet que certains médicaments actuels conçus pour être utilisés chez les patients diabétiques pourraient être bénéfiques aux patients qui ont besoin de renforcer cet aspect de l'immunité.

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