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PALUDISME: Des enfants naturellement immunisés, la clé pour un vaccin?

Actualité publiée il y a 4 années 11 mois 6 jours
Science

Des enfants naturellement immunisés contre le paludisme contribuent à cette nouvelle approche d’élaboration d’un vaccin. Un candidat vaccin, dont la capacité de protection contre plasmodium falciparum, l’un des parasites responsables du paludisme est démontrée ici chez la souris, par cette étude américaine. Ces travaux, rapportés dans la revue Science, identifient, a minima, une nouvelle cible vaccinale, une protéine, PfSEA-1 (plasmodium falciparum schizont egress antigen1) et le moyen de perturber la fonction de cette protéine pour bloquer l’infection.

Les chercheurs du US Center for International Health Research, Rhode Island Hospital espèrent bien que ces enfants, dotés d'une résistance naturelle à la maladie vont livrer la clé de l'élaboration d'un vaccin, alors que le paludisme est responsable, chaque année, d'environ 700.000 décès et qu'il n'existe aucun vaccin viable. De nombreuses recherches sont en cours sur le développement d'un vaccin, avec l'objectif de chercher à interrompre le processus d'infection du paludisme mais les auteurs indiquent que 60% de ces travaux sont concentrés sur seulement 5 cibles ou stades principaux du cycle d''infection du paludisme.


Leur approche, nouvelle, part des protéines présentes dans le sang de ces enfants naturellement immunisés :

· Dans un premier temps, les chercheurs identifient de nouvelles cibles vaccinales sur un groupe de jeunes enfants tanzaniens dotés d'une résistance naturelle à l'infection du paludisme. L'analyse ADN du sang de ces enfants permet d'identifier la protéine PfSEA-1 impliquée dans la capacité du parasite à quitter les globules rouges infectés pour se propager et infecter d'autres cellules.

· Dans un second temps, les chercheurs ont développé un candidat vaccin qui va perturber la protéine PfSEA-1 et permettre de piéger le parasite dans les cellules sanguines. Les chercheurs montrent à ce stade que des souris qui reçoivent une dose mortelle de parasite du paludisme, puis qui sont vaccinées, bénéficient d'une survie prolongée de 80%.

· La 3ème étape a consisté à tester ce candidat vaccin chez 453 enfants tanzaniens âgés de 1,5 à 3,5 ans et à évaluer leur réponse immunitaire à la protéine PfSEA-1. Cette étape devait vérifier si une « forme naturelle » du vaccin, ciblant la protéine PfSE -1, pouvait expliquer, même partiellement, leur résistance naturelle au paludisme.

· Enfin, les chercheurs recherchent la présence d'une réponse immunitaire à la protéine PfSEA-1 chez un groupe de 138 Kenyans âgés de 12 à 35 ans vivant en zone endémique. L'objectif était de vérifier si une immunité naturelle à la protéine PfSEA-1 pouvait être liée à des résultats plus favorables en cas d'infection, comme, par exemple, des niveaux inférieurs de parasite dans le corps.

En conclusion, ces travaux identifient une nouvelle cible vaccinale, PfSEA-1, aboutissent à un candidat vaccin permettant de perturber la fonction de la protéine, avec des bénéfices de survie démontrés chez la souris. Enfin, une réponse immunitaire naturelle à la protéine est identifiée chez 6 % des enfants tanzaniens testés et contribue à réduire leur risque de développer une forme grave de paludisme. Autant de données prometteuses sur cette nouvelle approche vaccinale.

Quelques réserves, néanmoins. Ces données d'efficacité restent bien évidemment à confirmer et à préciser chez le singe puis chez l'Homme.

Source: Science May 23 2014 DOI: 10.1126/science.1254417 Antibodies to PfSEA-1 block parasite egress from RBCs and protect against malaria infection (Visuels NIH)

Pour en savoir plus sur le Paludisme


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