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PAUVRETÉ: La fracture sociale est ouverte

Actualité publiée il y a 5 années 3 mois 2 semaines
ONDES

Ce sont les effets d’une crise économique de longue durée qui deviennent flagrants et sont révélés par ce 8è rapport de l’Observatoire national de la Pauvreté et de l’Exclusion sociale (ONDES), des effets qui ne peuvent plus être dédaignés ou qualifiés de subjectifs. Car la rupture sociale est là, en France comme partout en Europe. Nouvelles caractéristiques d’une pauvreté aujourd’hui exacerbée en France et objectifs de réduction de la pauvreté impossible à atteindre, la réalité est là, douloureuse. L’indicateur de pauvreté, soit moins de 60% du revenu médian, est désormais partagé par plus de 14% des ménages, soit plus de 8 millions de Français.

En France, c'est le risque de rupture sociale qui transparait désormais, avec le ralentissement de l'activité et ses pertes d'emplois d'une ampleur telle que la pauvreté a gagné, en 4 ans, environ 700.000 personnes supplémentaires en quatre ans. La dégradation profonde du marché du travail, mais aussi l'accroissement des inégalités de revenu mal corrigées par la fiscalité. Ainsi, si le niveau de vie des plus de 65 ans s'améliore depuis 2007, les 18-64 ans sont touchés de plein fouet.


C'est aussi la « grande » pauvreté qui s'accroît le plus avec l'essentiel de son augmentation entre 2007 et 2011 au-dessous du seuil de 50% de pauvreté monétaire. Les personnes en «pauvreté accentuée » augmentent toujours plus rapidement en nombre.

Les plus touchés, au sein des groupes de populations vulnérables, sont les familles monoparentales et les enfants qui enregistrent un taux de pauvreté nettement supérieur à celui de la population en général. Ce sont aussi les régions du nord et du sud de la France qui souffrent le plus, avec une dizaine de département confrontés à un défi de pauvreté majeur (Nord, Meurthe-et-Moselle, Haute-Vienne, Corse, départements du Languedoc-Roussillon).

Enfin le rapport fait état d'une transformation lente du chômage en exclusion « définitive » du marché du travail entraînant un risque d'irréversibilité de la pauvreté.

Un appel à la mobilisation de la société : Le système social ne parvient plus à lutter efficacement contre les risques d'irréversibilité qui résultent à la longue de l'éloignement du travail vécu par une proportion importante des personnes inactives qui ne sont ni au chômage, ni à la retraite. La quantité et la qualité du travail social et son organisation territoriale doivent être revus. Il faudra faire davantage pour parvenir à conjurer les risques d'irréversibilité et prévenir ceux de grande pauvreté. Ce n'est pas seulement une affaire de dépenses publiques, mais aussi de mobilisation de la société elle-même.

L'Europe est également mise au défi : La stratégie européenne de lutte contre la pauvreté avait pour objectif de réduire d'environ 17 % d'ici 2020 le nombre des « personnes concernées par la pauvreté ou l'exclusion » au sein de l'UE, et cela à partir des seuls engagements nationaux. Face aux nouvelles données marquant l'ampleur de l'augmentation de la pauvreté depuis 2008, le débat européen n'a pas été repris. Insuffisance de réactivité ou désintérêt tant des États membres que de l'Union tout entière ?

Là encore le facteur déterminant du risque de pauvreté est la durée effective du travail. C'est cet indicateur qui permet de distinguer, parmi 9 pays comparables à la France, un groupe où la pauvreté et l'exclusion ont pu être stabilisées, voire réduite (NL, DE, AUT, FL, PL) et un groupe durement touché par la crise où cette « pauvreté ou exclusion » a au contraire fortement augmenté (IT, ES, IE).

La France est, en regard de ce facteur, en position intermédiaire, avec la Belgique et le Royaume Uni. Mais, cependant, la France, comme l'Italie et l'Espagne, affiche, pour la moitié des indicateurs recensés, une tendance plus défavorable que la moyenne. Il s'agit par exemple des chiffres relatifs au chômage des jeunes peu ou pas diplômés, au chômage de longue durée et à la pauvreté des personnes à faible intensité de travail dont l'évolution est très défavorable.

Au-delà de l'analyse de chaque pays, c'est un appel d'urgence à un rôle bien plus actif de l'UE dans la prévention de la pauvreté au sein des pays membres, pa réduction des déséquilibres économiques et sociaux.

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