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PESTICIDES: Le Ministre de l'Agriculture au secours des abeilles butineuses

Actualité publiée il y a 8 années 1 mois 2 jours
Science- Anses

« L’utilisation de pesticides est régulièrement citée comme étant l’un des facteurs contribuant au déclin des populations d’abeilles ». C’est ainsi que le nouveau Ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, vient de prendre position, sans tarder, à la suite de l’avis de l’ANSES répondant aux conclusions des études publiées dans la revue Science, montrant que certains pesticides et en particulier du thiamétoxam, commercialisé sous le nom de Cruiser OSR, a des effets néfastes sur le comportement des abeilles butineuses et donc à terme sur la pollinisation des fleurs qui donneront fruits et légumes.

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Ici, il s'agit de l'administration de thiamétoxam à faible dose (sub-létale), un pesticide courant qui porte donc atteinte aux abeilles et aux bourdons. Deux études, l'une d'une équipe britannique et l'autre d'une équipe française de l'Inra, montrent comment la pulvérisation d'insecticide porte atteinte aux abeilles qui elles-mêmes pollinisent les fleurs qui donneront ensuite la plupart des fruits et des légumes. Or, ces dernières années, les populations d'abeilles ont rapidement décliné, en raison du Syndrome d'effondrement, un déclin déjà expliqué par une exposition croissante aux pesticides.


Ces 2 études publiées dans Science montrent que ces pesticides, parmi les plus courants agissent sur le système nerveux central des insectes et se disséminent ensuite via le nectar et le pollen des fleurs cultivées.

· Les auteurs de la première étude montrent que des colonies de bourdons exposés à des niveaux équivalents à ceux retrouvés dans la nature, prennent moins de poids en comparaison de colonies contrôle et, finalement s'avèrent 8 à 12% plus petites que les colonies contrôles, produisent 85% de reines en moins, ce qui entraîne 85% de nids en moins l'année suivante.

· Dans la seconde étude, l'équipe française montre que l'exposition à un autre néonicotinoïde perturbe la capacité des abeilles à retrouver leur ruche, ce qui entraîne la mort de beaucoup d'entre elles. Quand certaines d'entre elles reçoivent une dose sublétale du pesticide thiamethoxam, elles présentent alors un risque multiplié par 2 ou 3 de mourir à l'extérieur de leur ruche. Le modèle des chercheurs prédit qu'ainsi, les populations d'abeilles exposées au pesticide pourraient chuter à un niveau tel qu'il ne permettait plus leur rétablissement.

Les 2 études soulèvent donc la question des procédures d'autorisation des pesticides et de la molécule thiamétoxam utilisée en traitement de semence pour le colza (commercialisé sous le nom de Cruiser OSR). Car les abeilles sont indispensables pour 80% des plantes cultivées et leur impact direct sur la production agricole est un enjeu important. L'ANSES, l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement, qui avait été saisie, a confirmé l'effet néfaste observé d'une dose sub-létale du produit sur le retour à la ruche des abeilles butineuses.

Le Ministre vient donc de saisir la Commission européenne afin de s'assurer que l'évolution des méthodes d'évaluation prenne bien en compte ces nouvelles données. Le Ministre appelle immédiatement la Commission à réexaminer les conditions d'approbation de la substance active pour son utilisation en traitement des semences de colza et envisage de retirer l'autorisation de mise sur le marché du Cruiser OSR. Enfin, le Ministre s'adresse aux agriculteurs qui doivent pouvoir produire et protéger leurs cultures en recourant alors à des solutions alternatives.

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