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PROSTATE: Sa santé dépend-elle du nombre de partenaires sexuelles?

Actualité publiée il y a 4 années 11 mois 3 semaines
Cancer Epidemiology

Cette étude canadienne, présentée dans la très sérieuse revue Cancer Epidemiology suggère une association jusque-là inconnue et quelque peu surprenante. L’activité hétérosexuelle au cours de la vie serait associée au risque de cancer de la prostate. Ses conclusions fixent même un seuil bien arbitraire : Les hommes qui ont eu, au cours de leur vie, plus de 20 partenaires féminines, ont un risque réduit de plus de 20% de cancer de la prostate vs ceux qui sont restés fidèles au même partenaire sexuel. Et s’il s’agit sans doute plus d’activité sexuelle que de nombre de partenaires, l’étude révèle l’association inverse lorsque les partenaires sont masculins.


Les chercheurs des Universités du Québec, de Montréal et du Montreal Hospital Research Centre ont suivi 1.590 hommes diagnostiqués avec un cancer de la prostate ainsi qu'un groupe témoin de 1618 hommes sans cancer de la prostate dans la population générale afin d'évaluer l'impact de l'activité sexuelle et des IST sur le risque de cancer de la prostate. Les participants ont été interrogés pour renseigner les données sociodémographiques, de niveau d'éducation, de revenu familial, de statut matrimonial, de mode de vie dont l'activité sexuelle et les antécédents médicaux et d'IST. Les participants devaient renseigner leur orientation sexuelle, l'âge du premier rapport et le nombre de partenaires féminines ou de même sexe.

Les chercheurs ont rapproché ces données des données d'incidence de cancers de la prostate, répartis en agressifs (score de Gleason >7) et moins agressif (score de Gleason <7).

Les hommes atteints de cancer de la prostate sont plutôt :

- moins souvent d'origine asiatique,

- 2 fois plus susceptibles d'avoir un antécédent familial chez un parent de premier degré, de cancer de la prostate,

- Susceptibles d'avoir subi un dépistage dans les 2 années précédant leur diagnostic (vs 76% des témoins).

Aucune différence n'est observée entre les cas et les témoins aux niveaux du revenu familial, de l'état matrimonial, des antécédents de tabagisme et de consommation d'alcool.

Sur le « facteur sexualité »,

· ne jamais avoir eu de rapports sexuels ou l'âge du premier rapport ne sont pas des critères associés à une différence de risque de cancer de la prostate,

· avoir eu plus de 20 partenaires sexuelles féminins est associé à une diminution du risque de 28% (OR : 0,72) vs avoir eu un partenaire sexuel féminin unique,

· avoir un ou plusieurs ou avoir eu plusieurs partenaires sexuels masculins ne modifie pas le risque,

· aucune association n'est retrouvée avec les antécédents d'IST.

- Lorsque l'analyse est limitée aux cancers de la prostate agressifs, toute association avec la sexualité « tombe ».

- Lorsque l'analyse est limitée aux cancers de la prostate non agressifs,

· sont associés à un risque accru de cancer de la prostate :

- Ne jamais avoir eu de relations sexuelles,

- avoir eu 2 ou 3 partenaires masculins ou plus, vs aucun.

· est associé à un risque réduit de cancer de la prostate :

- avoir eu plus de « 20 » partenaires féminines (vs une seule).

L'étude suggère ainsi qu'avoir eu 20 partenaires féminines ou plus au cours de la vie est associé à une diminution du risque de cancer de la prostate, avoir eu plusieurs partenaires masculins à une augmentation du risque.

Le caractère curieux de la conclusion reste ce seuil de 21 partenaires féminines, car en deçà, point de réduction du risque. Ensuite il est clair que d'autres facteurs peuvent impacter de manière plus majeure le risque de cancer de la prostate chez un homme, dont notamment les facteurs génétiques.

Source: Cancer Epidemiology September 29 2014 DOI: org/10.1016/j.canep.2014.09.005 Sexual partners, sexually transmitted infections, and prostate cancer risk

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