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PSYCHOLOGIE des tueurs: L'analyse des mots pour détecter les psychopathes

Actualité publiée il y a 8 années 3 semaines 2 jours
Legal and Criminological Psychology

Les mots peuvent être la fenêtre de l'âme, disent ces chercheurs qui s’efforcent de repérer à travers l'analyse textuelle informatisée et à travers des choix de mots identifiables qui échappent au contrôle conscient des tueurs psychopathes. Cette recherche, publiée dans Legal and Criminological Psychology, la revue de la British Psychological Society pourrait mener à de nouveaux outils de diagnostic mais aussi de traitement de ces malades psychopathes.

Les mots des assassins psychopathes rencontrent parfois leur personnalité et reflètent l'égoïsme, le détachement de leurs crimes et l'absence d'émotions, affirme Jeff Hancock, professeur de sciences et de nouvelles technologies à l'Université de British Columbia. Car J. Hancock et ses collègues ont analysé les histoires racontées par 14 hommes, des meurtriers psychopathes, incarcérés dans des prisons canadiennes et ont comparé leurs récits avec ceux de 38 meurtriers non diagnostiqués comme psychopathes. En fait, chaque sujet a du décrire son crime en détail. Les histoires ont été enregistrées, retranscrites puis soumises à une analyse informatique.


Les psychopathes utilisent d'abord plus de conjonctions ou de locutions conjonctives comme «parce que», «depuis» ou «de sorte que », indiquant par cette sur-utilisation que leur crime devait être commis dans un objectif bien précis. Ils utilisent aussi deux fois plus de mots relatifs aux besoins physiques, concernant la nourriture, le sexe ou l'argent alors que les non-psychopathes utilisent plus mots relatifs aux besoins sociaux, dont la famille, la religion et la spiritualité. Et, comme s'ils dévoilaient un peu de leur nature « prédatrice », les psychopathes, dans leur récit, incluent des détails sur ce qu'ils avaient à manger le jour de leur crime.

L'utilisation du passé comme un prologue: Les psychopathes sont plus susceptibles d'utiliser le passé, ce qui suggère qu'ils sont détachés de leurs crimes, disent les chercheurs. Ils ont tendance à être moins fluides dans leurs discours, en utilisant plus d'onomatopées comme Hum…L'explication de ces sortes d'hésitations n'est pas claire, mais les chercheurs pensent que le psychopathe tente de donner une bonne impression et fait plus d'efforts mentaux pour illustrer son histoire.

« Des travaux antérieurs ont examiné comment des psychopathes manient la langue », explique J. Hancock, mais «notre étude est la première à démontrer que l'on pourrait utiliser des outils automatisés pour détecter les modes d'expression distincts et typiques des psychopathes. Ce qui pourrait être utile aux psychologues cliniciens car l'approche thérapeutique (et l'application de la lloi) est alors toute différente ».

Source: Legal and Criminological Psychology- online Sept. 14, 2011 DOI: 10.1111/j.2044-8333.2011.02025. "Hungry like the wolf: A word-pattern analysis of the language of psychopaths"
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