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RÉADAPTATION CARDIAQUE : Le Tai Chi, pour reprendre petit à petit

Actualité publiée il y a 2 années 1 mois 1 jour
Journal of the American Heart Association
Le Tai Chi peut être pratiqué à des niveaux d'intensité faibles à modérés.

Après une crise cardiaque, plus de 60% des patients refusent de participer à un programme de réadaptation cardiaque. Les mouvements lents et doux du tai-chi en font une option d'exercice prometteuse et adaptée à ces patients qui déclinent la réadaptation cardiaque traditionnelle. Les conclusions de cette recherche américaine présentée dans le Journal de l'American Heart Association font également une qualité de vie retrouvée et un plaisir à pratiquer favorable à l’observance de cette forme de réadaptation.

 

Parfois ce sont des préoccupations financières ou encore la distance du centre de réadaptation qui découragent les patients cardiaques à suivre le programme standard de réadaptation. Mais, plus souvent c’est parce que l'exercice physique est perçu comme désagréable, douloureux voire risqué, que la majorité des patients cardiaques renoncent à leur réadaptation. Et bien le Tai Chi arrive, avec cette étude, comme une alternative plaisante et capable d’inverser le préjugé négatif à l’égard de l’exercice : « le Tai Chi peut être une bonne option pour ces patients qui peuvent commencer très lentement et simplement, et adapter ensuite leurs mouvements au fur et à mesure de la prise de confiance. La pratique du Tai Chi peut suivre des niveaux d'intensité faibles à modérés. L'accent mis sur la respiration et la relaxation peut également aider à réduire le stress et à réduire la détresse psychologique.

 

Pour cette étude, les chercheurs ont adapté un programme de tai-chi pour 29 patients (8 femmes et 21 hommes), âgés en moyenne de 67 ans, atteints de maladies cardiaques et physiquement inactifs, à partir d'un protocole précédemment utilisé chez des patients atteints de maladie pulmonaire et d'insuffisance cardiaque. Ils ont comparé la sécurité et la conformité de deux programmes, le « LITE » un programme plus court de 24 séance sur 12 semaines et « PLUS », un programme plus long de 52 séances sur 24 semaines. Tous les participants recevaient également un DVD de formation à utiliser à la maison. Ces participants avaient manifesté un intérêt pour un programme de Tai Chi. Bien que 59% d'entre eux aient déjà subi une crise cardiaque ou une procédure pour une artère bloquée (intervention coronaire percutanée (PCI) : 82,8%, pontage aortocoronarien : 31%), tous avaient refusé la réadaptation cardiaque standard. De plus ces participants présentaient les caractéristiques d’un risque cardiaque élevé (27,6%), un diabète (48,3%), une hypercholestérolémie (75,9%), un surpoids (35%) ou une obésité (45%). Tous avaient reçu l'autorisation de leur médecin pour suivre le programme de Tai Chi et aucun ne souffrait de problèmes orthopédiques.

 

Le Tai Chi entraîne de très nombreux bénéfices :

  • Il s’avère sécuritaire, avec ici une absence d’événements indésirables à part quelques douleurs musculaires mineures au début du programme,
  • apprécié des participants : 100% recommanderaient sa pratique à un ami,
  • jugé facile à pratiquer,
  • les patients sont observants : en moyenne, ils sont présents à 66% des séances prévues.
  • Enfin, le Tai Chi permet d’augmenter de manière significative la quantité hebdomadaire d'activité physique modérée à vigoureuse jusqu’à 3 à 6 mois après la fin des programmes.

 

 

Le Tai chi, une passerelle prometteuse et progressive vers une reprise plus intense : si à lui seul, le tai-chi ne peut pas remplacer l’ensemble des composantes de la réadaptation cardiaque traditionnelle, comme l'éducation sur les facteurs de risque, l'alimentation et l'adhésion aux traitements médicamenteux conclut le Dr Salmoirago-Blotcher, l’auteur de l’étude,

 

« il serait bienvenu de le proposer comme option d'exercice en centre de réadaptation telle une passerelle vers des exercices plus intenses, ou dans un cadre plus communautaire avec des conseils en réadaptation dispensés hors contexte médical ».

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