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RISQUE CARDIO: Et si le sel n'était pas si mauvais?

Actualité publiée il y a 11 années 1 mois 3 semaines
JAMA

Si cette étude ne modifie absolument pas les recommandations sur la consommation de sel, elle conclut, sur 3.681 participants, que les personnes ayant le niveau le plus faible de sel dans les urines présentent un risque plus élevé de mortalité par maladies cardiovasculaires par rapport au risque global moyen. Des résultats troublants puisque la théorie traditionnelle veut qu’une consommation élevée de sel entraîne une augmentation de la tension artérielle, soit une augmentation du risque de maladie cardiovasculaire. Des conclusions publiées dans l’édition de mai du Journal of the American Medical Association (JAMA).

En France, 2 hommes sur 3 et 1 femme sur 3 ont des apports en sel supérieurs aux recommandations françaises et 95 à 99% des Français dépassent les limites de consommation en sel fixées par l'OMS (Voir schéma de Gauche- source Nutrinet santé), soit 5 g ou moins par jour, qui rappelle que trop de sel dans l'alimentation est facteur de risque cardiovasculaire. En France, pour tendre vers ces recommandations, le PNNS et la Loi de Santé Publique ont proposé, dans une approche pragmatique, de réduire la consommation moyenne de sel de la population française de 10 g/j à 8 g/j. Les objectifs proposés par le Haut Conseil en Santé Publique (HCSP) en octobre 2010 fixent également une diminution de la consommation de sel dans la population pour atteindre en 5 ans (2015) 8 g/j pour les hommes et 6,5 g/j pour les femmes.


Cette étude, menée par des chercheurs du European Project on Genes in Hypertension (EPOGH) a regardé, en fait, le niveau ponctuel de sel dans l'urine des participants et non dans leur alimentation et il faut rappeler que la seule mesure de l'excrétion urinaire de sel n'équivaut pas nécessairement au volume de sel consommé. Menée sur 3.681 personnes, exempts de maladie cardiovasculaire, au début de l'étude et pendant près de huit ans, elle a également mesuré leur risque d'hypertension artérielle, de maladies cardiovasculaires (MCV) et de décès liés.

Des décès par maladie cardiovasculaire chez des participants à niveaux les plus bas de sel dans les urines: Parmi les principaux résultats les chercheurs recensent 84 décès par maladie cardiovasculaire, mais constatent avec surprise que 50 de ces décès par maladie cardiovasculaire interviennent chez le tiers des participants présentant les niveaux les plus bas de sel dans les urines, et seulement 10 décès chez ceux présentant les niveaux les plus élevés. Sur les 3.681 personnes de l'étude, 232 ont eu un accident mortel ou non mortel CV comme une crise cardiaque au cours des 7,9 années de suivi. On a dénombré 84 décès d'origine cardiovasculaire, qui ont été distribués ainsi selon le niveau d'excrétion de sel:

• faible tertile (moyenne 107mmol urinaire de sodium): 50 décès

• moyen tertile (moyenne 168mmol urinaire de sodium): 24 décès

• tertile le plus élevé (moyenne 260mmol urinaire de sodium): 10 décès

Avec ajustement pour les autres facteurs, les participants du groupe “le plus faible” présentent un risque plus élevé de mortalité par maladies cardiovasculaires (HR: 1,56, IC: % I de 1,02 à 2,36) par rapport au risque global calculé pour la cohorte dans son ensemble.

Les chercheurs concluent que soit une augmentation de l'excrétion de sodium est associée à une augmentation de la tension artérielle systolique, mais pas la tension diastolique, cependant, cette association n'est pas liée à un risque accru de complications cardiovasculaires…

Comme l'excrétion de sel n'équivaut pas nécessairement à la consommation de sel, si ces résultats attirent l'attention, ils impliquent aussi d'entreprendre de nouvelles recherches sur l'association entre consommation de sel, tension artérielle et mortalité cardiovasculaire liée.

Source: JAMA. 2011;305(17):1777-1785 doi: 10.1001/jama.2011.574 Fatal and Nonfatal Outcomes, Incidence of Hypertension, and Blood Pressure Changes in Relation to Urinary Sodium (Visuel NHS)

Lire aussi: HYPERTENSION : Toujours trop de sel, conclut NutriNet Santé

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