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SANTÉ en ILE de France : Le 93, îlot de précarité, grand oublié de la santé

Actualité publiée il y a 8 années 3 mois 4 semaines
Agence régionale de santé

En 2008, si les 11 millions de Franciliens sont plutôt en bonne santé, près de 2 millions d’entre eux vivent sous le seuil de précarité et parmi les départements les plus touchés, figurent la Seine Saint-Denis, le Val de Marne et Paris. De fortes disparités émergent et le 93, en particulier, réunit, de manière frappante, la plupart des indicateurs de mal de vivre et de manque de soins. Ce sont quelques-uns des éléments flagrants livrés par l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France qui reconnaît là, avec transparence, la disparité de qualité de vie et d’accès aux soins d’un département à l’autre. Des données qui permettront ensuite à l’ARS de travailler à son plan stratégique régional de santé (PSRS) prévu pour le mois de juin.

Plus de 11 millions de Français vivent en région parisienne dont 26% de moins de 20 ans. Les familles monoparentales représentent 15,8 % des foyers et sont donc en proportion supérieure à la moyenne nationale (13,1%), 12% des personnes sont sans diplôme et le chômage atteint 8,4 % des actifs, moins que la moyenne nationale (9,5%). Le revenu fiscal est légèrement supérieur à la moyenne nationale (20.575 € vs 17.497 €) mais pour des frais de logement, alimentation bien plus élevés qu'en province. Pour plus de 6% des ménages, 75% des ressources au moins proviennent des CAF et 6% des habitants bénéficient de la Couverture maladie universelle (CMUC) en 2009.


Le 93, îlot de précarité, oublié de la santé :Avec 19,8% de familles monoparentales (vs 15,8% et 13,1% respectivement en IdF et pour la France), 33% d'enfants vivant dans un foyer pauvre vs 19% en IdF), des taux de décès prématuré très supérieurs à la moyenne d'IdF, un taux de mortalité infantile de 5,4/1000 à comparer à 3,6/1000 pour la moyenne nationale, des taux de mortalité par cancer (en particulier du poumon), le département 93 est bien laissé pour compte, à la fois en matière de travail/revenus et d'accès aux soins de santé. Enfin, c'est dans le 93, qu'on constate la plus forte résurgence de tuberculose (incidence de 14,3/100.000 vs 5,4/100.000 pour la France entière) et la plus forte prévalence du diabète.

Espérance de vie, de fortes inégalités : Avant même d'aborder les inégalités d'un département à l'autre, un chiffre attire l'attention, le taux de mortalité infantile en Ile de France soit 3,9/1000 supérieur à la moyenne nationale (3,6/100). En revanche, l'espérance de vie reste globalement supérieure en IdF à la moyenne nationale. Les résidents de Seine-Saint-Denis vivront deux années de moins, en moyenne, que leurs voisins des Yvelines. Cela, en raison d'un taux de mortalité infantile (enfants décédés avant l'âge de 1 an) très élevé. Les habitants de l'Essonne se suicideront 5 fois plus que dans le Val de Marne. Un indicateur très basique du mal de vivre. En bref, on vit moins longtemps en Seine-et-Marne (77) que dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis (93) qu'à Paris.

Paris, « capitale du sida » : C'est à Paris que l'épidémie de sida sévit le plus avec 58,8/100.000 découvertes de séropositivité vs 10,3 pour la France entière. C'est aussi à Paris qu'on en meurt le plus : 76 décès/100.000 habitants vs 11 dans le Val de Marne.

Un plan stratégique est aujourd'hui en cours d'élaboration par l'ARS d'Ile de France. Ce premier diagnostic de l'état de santé de la population francilienne a le mérite de faire ressortir clairement et en toute transparence des inégalités territoriales et sociales marquantes. Il devrait être complété à court terme par un diagnostic des forces et des faiblesses de l'offre de santé.

Source : ARS Ile de France « Etat de santé en Ile-de-France : éléments de diagnostic » « Profil socio-sanitaire », mise en ligne Claire Tancrède, Santé log, le 22 janvier 2011

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