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SANTÉ PUBLIQUE: Que sera-t-elle en 2025 ?

Actualité publiée il y a 9 années 11 mois 3 semaines
Politique de Santé

Comment serons-nous soignés dans 15 ans? La question est pour la Direction générale de la santé celle de la définition de la politique nationale de santé pour les prochaines années. Et bien, notre système de santé sera aussi ce que nous en ferons, répond ce rapport du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Une proposition d’orientations à l’horizon des quinze prochaines années, qui tient compte de « nos » faiblesses, de nos inégalités territoriales et des risques sanitaires émergents mais aussi de nos objectifs, mieux prendre en charge le vieillissement, aller vers l’égalité et vers plus d’efficience dans les soins tout en restant fidèle à notre système de santé. Dans ce contexte, le rapport confère un rôle privilégié aux Agences régionales de Santé mais s’appuie aussi sur la responsabilité et l’action de chacun.

Nos faiblesses, une mortalité prématurée évitable élevée, -surtout chez les hommes où la mortalité prématurée est 2,2 fois plus élevée que chez les femmes (275,8 pour 100 000, contre 125) -une espérance de vie sans incapacité inférieure à celle des pays européens les mieux classés, des inégalités socio-économiques et territoriales importantes viennent s'ajouter à des tendances lourdes, majoritairement non spécifiques telles que les nouveaux risques sanitaires liés à l'environnement et aux modes de vie, le vieillissement de la population, la nécessité d'une toujours plus forte efficience face à des attentes sociétales elles aussi plus aiguës avec la crise financière. A titre d'exemple, en France, rappelons que sur la dernière décennie, l'espérance de vie à 35 ans des femmes cadres supérieures est de 51 ans, dépassant de deux ans celle des ouvrières, alors que les hommes cadres supérieurs avaient une espérance de vie de 47 ans, soit sept ans de plus que les ouvriers. En France toujours, un homme sans diplôme a une mortalité multipliée par 2,5 par rapport à un homme ayant un niveau d'études supérieures…Ces inégalités de santé trouvent leur origine dans des déterminants multiples qui s'accumulent depuis la petite enfance et tout au long de la vie, et qui conditionnent ensuite l'accès et le recours à la prévention, aux soins et aux dispositifs d'accompagnement.


Aller vers l'égalité, l'autonomie et la consolidation du niveau de santé : L'approche envisagée dans ce rapport est plus « personnalisée ». Il ne s'agit pas uniquement de combler les lacunes les plus importantes en matière de prévention et d'accès aux soins pour les plus vulnérables ou les plus démunis mais d'adopter une approche ciblée sur les besoins en Santé publique de chaque groupe de population et « de mettre en face » les ressources disponibles, en particulier humaines, en disponibilité de professionnels de santé. Ce type de politique suppose une collaboration des différents ministères afin que les enjeux de Santé publique soient bien intégrés aux différentes politiques, sociale, économique, environnementale… « L'interministérialité ne devrait pas être vécue sur un registre de concurrence… »

Chacun a son rôle à jouer, au quotidien comme lors des crises sanitaires. Ce terme d' « autonomie » peut évoquer, à la lecture du rapport une sorte d'abandon du principe solidaire de notre système de santé, auquel la majorité des citoyens sont très attachés. Le rapport souhaite emmener les Français vers une responsabilité de sa propre santé et celle de sa famille, à la fois grâce à un engagement individuel et une volonté collective et tout autant par une prise de conscience individuelle accrue (alimentation, tabagisme ou encore vaccination) que par la réalisation d'actions collectives et l'organisation d'un environnement accompagnant la capacité d'autonomie de chacun. Il est clair que si les démarches de prévention et de promotion de la santé peuvent être un risque pour l'autonomie, en revanche elles sont positives lorsque « bien reçues », elles sont « rediffusées ».

Alors pas trop de plans et de programmes, qui ne favorisent ni la lisibilité ni l'efficacité, précise le rapport. Mais une stratégie coordonnée en amont pour une réponse responsable et solidaire !

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