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SCLÉROSE en plaques: L'espoir de nouvelles molécules

Actualité publiée il y a 4 années 10 mois 3 semaines
Nature Neuroscience

Des agents prometteurs pour la sclérose en plaques, mais aussi pour plusieurs autres maladies neurodégénératives, c’est l’espoir apporté par cette étude de la Mount Sinai School (New York). Les résultats, publiés dans la revue Nature Neuroscience, suggèrent en effet que ces composés pharmacologiques peuvent bloquer à la fois l’inflammation et les dommages sur les cellules nerveuses caractéristiques de la maladie.

La sclérose en plaques est une maladie du cerveau et de la moelle épinière, caractérisée par une attaque inflammatoire du système immunitaire du corps contre la myéline, le revêtement protecteur qui entoure les fibres nerveuses. Une fois la myéline lésée, les cellules nerveuses deviennent très sensibles et commencent à se détruire, les signaux électriques ne peuvent plus être transmis et ce dysfonctionnement grave entraîne des symptômes handicapants, allant d'un engourdissement des membres à la paralysie ou la cécité. Aujourd'hui, 2,3 millions de personnes (diagnostiquées) seraient atteintes de SEP dans le monde, une estimation en hausse de 9,5 % vs 2008. La maladie touche deux fois plus les femmes que les hommes, voire 3 fois plus dans certains pays. Les jeunes ne sont pas épargnés et jusqu'à 5% des patients atteints ont aujourd'hui moins de 18 ans.


Cette étude qui identifie de nouveaux composés, administrables par voie orale, prometteurs –chez la souris- contre l'inflammation caractéristique et contre les dommages aux cellules nerveuses est donc plus que bienvenue. Le Pr Jeffery Haines, chercheur au Mont Sinaï et auteur principal de l'étude rappelle que les médicaments, disponibles ou en cours de développement ou de tests, visent à réduire l'attaque immunitaire sur les cellules, mais ne vont pas restaurer la fonction nerveuse.

Une toute nouvelle option de traitement par voie orale : De précédentes recherches au Mont Sinaï avaient constaté que le transport de protéines entre le noyau (le compartiment cellulaire contenant l'information génétique de la cellule) et le cytoplasme est altéré dans les maladies neurodégénératives. La molécule qui transporte les protéines entre le noyau et le cytoplasme, XPO1 (également appelé GRC1) avait, par ailleurs, été déjà impliquée dans la SEP et un certain nombre d'autres maladies neurodégénératives.

L'équipe du Mount Sinai a donc testé, sur la souris modèle de SEP, si des composés pharmacologiques conçus pour bloquer la fonction de XPO1 / CRM1 pourraient arrêter la progression de la maladie. Les chercheurs constatent que 2 molécules, appelées KPT-276 et KPT-350 parviennent à empêcher XPO1 / CRM1 à transporter ces protéines et vont, en synthèse, protéger les cellules nerveuses contre les radicaux libres et les dommages structurels. De plus, ces composés bloquent la multiplication des cellules inflammatoires, et donc réduisent l'inflammation.

Les souris traitées par voie orale avec ces composés, retrouvent une fonction motrice en 2 semaines.

En plus de proposer ces nouveaux candidats médicaments, l'étude précise le mécanisme moléculaire sous-jacent à la progression de la SEP. Reste à mettre en œuvre des essais cliniques pour vérifier l'innocuité et l'efficacité de ces agents chimiques chez les humains souffrant de troubles de démyélinisation. D'autant que comme le transport de protéines entre le noyau et le cytoplasme des cellules nerveuses est également altéré et caractéristique dans plusieurs autres maladies neurodégénératives…

Source: Nature Neuroscience doi:10.1038/nn.3953 23 February 2015 Nuclear export inhibitors avert progression in preclinical models of inflammatory demyelination (Visuel© Photographee.eu - Fotolia.com)

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