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SOCIÉTÉ et évolution: Le choix de la richesse au détriment de la descendance

Actualité publiée il y a 8 années 1 mois 3 semaines
Proceedings of the Royal Society B

Cette étude de la London School of Hygiene and Tropical Medicine montre que dans nos sociétés industrialisées, les familles peu nombreuses contribuent à augmenter la richesse de leurs descendants, sur plusieurs générations, mais réduisent aussi leur descendance à terme et donc leur pérennité. Cette étude publiée dans les Actes de la Royal Society B (pour Biological Sciences) qui oppose « la transition démographique » à la sélection naturelle, conclut, plus pratiquement à l’importance de favoriser, dans nos sociétés, l’égalité des chances.

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La transition démographique : Les biologistes ont longtemps cherché à comprendre l'association entre richesse et évolution, parce que la sélection naturelle est censée sélectionner des organismes qui cherchent à maximiser leur reproduction. Mais l'évolution est impactée par l'environnement de nos sociétés industrialisées et il se trouve que l'augmentation de la richesse coïncide avec une taille des familles de plus en plus réduite. Ici, ces chercheurs de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, du Karolinska Institutet (Suède) et de l'University College London rejettent la théorie populaire qu'une faible fécondité accroît la réussite à long terme d'une société, grâce à la richesse augmentée d'une descendance moins nombreuse, dans un premier temps, mais qui aura à nouveau une descendance plus nombreuse, dans un second temps, du fait de sa richesse.


Réussite socio-économique mais descendance réduite : Les chercheurs constatent ici qu'un petit nombre d'enfants augmente la réussite économique et sociale des descendants sur 4 générations, en tous cas dans les familles aisées, mais réduit en fin de compte le nombre total de descendants. Ils concluent que la décision ou la tendance à limiter la taille des familles peut être interprétée comme un choix stratégique visant à améliorer la réussite socio-économique des enfants et des petits-enfants dans nos sociétés modernes, mais que cet avantage socio-économique ne se traduit pas nécessairement par un avantage évolutif à long terme. En bref, il s'agirait d'un choix de descendance de court terme.

Il y a donc conflit dans nos sociétés modernes entre avantages sociaux et économiques et succès et évolution biologique. Au contraire, des populations des pays en développement, chez qui les comportements qui favorisent la richesse et le statut social conduisent les individus à avoir une descendance plus nombreuse.

Ces conclusions ne sont pas supposition. Ici les auteurs ont testé ces hypothèses à partir des données d'une étude de cohorte multigénérationnelle (L'Uppsala Multigenerational Birth Cohort Study) qui suit les 14.000 personnes nées en Suède dans les années 1900 et leurs descendants, encore aujourd'hui. Les chercheurs ont évalué la réussite socio-économique de chaque génération en regardant le niveau d'étude, le revenu des ménages, la survie à l'âge adulte, le mariage avant 40 ans et la fertilité ou nombre de descendants.

La taille de la famille et le statut socio-économique des parents sont tous deux associés à la réussite en terme d'étude et socio-économique des enfants. Ces effets sont particulièrement importants lorsque la taille de la famille est très petite et le statut socio-économique très élevé. Ce phénomène est constaté sur 2 voire 3 générations. Mais ces facteurs de petite taille de la famille et de richesse des parents n'ont pas d'incidence sur le nombre d'enfants au-delà de la première génération. Ce qui signifie que ces familles auront, au fil des générations, une descendance de plus en plus réduite.

Le Dr Anna Goodman, chercheur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine explique que si l'on pouvait s'attendre (théorie de l'évolution de Darwin) qu'en vertu de la sélection naturelle, nos ressources soient utilisées à produire notre descendance, ce nouveau phénomène de « transition démographique » cible la réussite socio-économique des descendants et non leur « succès reproducteur ». Une rationalité économique de la fécondité du monde moderne, amorcée par les couches aisées de la société, lorsque les populations subissent cette transition démographique.

Enfin, des conclusions , peu surprenantes, qui confirment que les niveaux d'éducation et de richesse des parents affectent ceux des enfants, mais aussi des petits-enfants et des arrière-petits-enfants. D'où une recherche nécessaire par les politiques de mesures d'égalité des chances.

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