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TABAGISME PASSIF: La nicotine monte au cerveau même avec un tout petit peu de fumée

Actualité publiée il y a 11 années 1 mois 4 semaines
Archives of General Psychiatry

Ce qui se passe dans le cerveau des fumeurs et des non-fumeurs exposés au tabagisme passif serait sensiblement identique.Cette étude financée par les NIH montre comment le tabagisme passif peut aussi augmenter la dépendance à la nicotine. L'exposition à la fumée secondaire a un impact direct et mesurable sur le cerveau et l'effet est parfaitement similaire à ce qui se passe dans le cerveau de la personne qui fume. En fait, l'exposition à cette fumée secondaire crée de la même manière, l’envie de fumer, selon cette étude publiée dans l’édition en ligne du 2 mai des Archives of General Psychiatry, une des revues du JAMA.

Les chercheurs du National Institute on Drug Abuse (NIDA) ont utilisé la tomographie par émission de positons (TEP) pour démontrer, sur un échantillon de 24 jeunes adultes dont 11 fumeurs modérément dépendant à la cigarette et 13 non-fumeurs, que plus d'une heure de fumée secondaire dans un espace clos est suffisant pour que la nicotine atteigne les récepteurs α4β2 du cerveau habituellement visés par l'exposition directe à la fumée du tabac (à l'acétylcholine nicotinique - nAChR). L'exposition à la fumée secondaire a conduit à une occupation moyenne de 19% du cerveau des récepteurs α4β2 de l'nAChR.


Des recherches antérieures avaient déjà montré que l'exposition à la fumée secondaire augmente la probabilité pour les enfants et en particulier chez les adolescents de devenir fumeurs et rend également plus difficile pour les fumeurs l'arrêt du tabac.

"Mais ces résultats montrent que, même une exposition à la fumée secondaire fournit suffisamment de nicotine au cerveau pour modifier son fonctionnement", explique le Dr. Nora D. Volkow, Directeur du NIDA. "Une exposition chronique ou sévère pourrait provoquer des taux de nicotine encore plus élevés au cerveau, ce qui peut expliquer pourquoi même l'exposition à la fumée secondaire augmente la vulnérabilité à la dépendance à la nicotine".

Une étude qui apporte de nouvelles preuves concrètes pour soutenir les politiques d'interdiction de fumer dans les lieux publics, en particulier dans les espaces clos et autour des enfants.