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VIRUS AVIAIRE H7N9: 60 cas, 13 décès, le Cirad français appelé en renfort

Actualité publiée il y a 6 années 7 mois 3 semaines
Cirad, ECDC

Détecté dès février en Chine, le virus A/H7N9 est déjà responsable de 60 cas d’infections et de 13 décès, soit un taux de létalité estimé à 21 %. Un taux extrêmement élevé chez l’Homme alors que sur les volailles, le virus n’entraîne aucun signe de maladie, précise le Cirad*, appelé en renfort par l’OMS et la FAO. Si aucun cas de transmission interhumaine n’a été documenté, l’Agence européenne de surveillance ECDC n’exclut pas l’importation de cas en Europe.

6 provinces en Chine orientale sont désormais concernées, avec une population de 330 millions d'habitants. La plupart des cas développent une infection respiratoire sévère et seuls 3 cas ont « bénéficié » d'une évolution clinique bénigne. 13 patients sont décédés. La source et le mode de transmission ne sont pas confirmés. On sait que l'épidémie est causée par un virus de l'influenza aviaire faiblement pathogène réassorti avec 2 autres souches aviaires, cependant les analyses génétiques ont montré des modifications génétiques qui suggèrent que le virus H7N9 pourrait avoir une plus grande capacité à infecter les mammifères, dont les humains, que la plupart des autres virus aviaires. La pathogénicité pour l'homme semble donc élevée.


Chez les oiseaux domestiques, ce sont ainsi plusieurs foyers d'influenza aviaire A/H7N9 qui ont déjà été répertoriés sur des marchés des provinces chinoises, sur des pigeons, des poulets et des canards et dans des échantillons environnementaux de marchés d'oiseaux vivants, nous apprend le Cirad. Toutefois, les volailles examinées ne montrent pas de signes de maladie, alors que l'infection peut être mortelle chez l'Homme. C'est pourquoi, les autorités chinoises interdisent ou limitent les marchés, et ont mis en place des mesures d'hygiène et de biosécurité pour réduire le risque de transmission.

L'OMS et la FAO ont sollicité l'expérience « française » du Cirad, qui désormais, en Asie et depuis Montpellier, se mobilise face à l'émergence de la nouvelle souche. La source originelle de l'épidémie est inconnue, explique François Roger, directeur de l'Unité de recherche Animal et gestion intégrée des risques (AGIRs) du Cirad. Une unité rodée aux études épidémiologiques et écologiques sur les grippes animales, avec des expériences en Asie du Sud-est lors des épidémies A/H5N1 et A/H1N1. Ainsi, les scientifiques vont mettre en route un Système d'Information Géographique (SIG) qui pourra servir à la modélisation en éco-épidémiologie et permettra de débuter l'analyse du risque. Des expertises sont également mises en œuvre pour comprendre les voies de transmission, de circulation du virus et les risques associés.

Ces travaux français viennent en complément des analyses virologiques et génétiques mises en œuvre par les autorités sanitaires chinoises, les laboratoires internationaux de référence en collaboration avec l'OMS. Des études qui ont pour objectif prioritaire d'identifier le plus rapidement possible la source et les principaux déterminants de la maladie pour pouvoir boquer rapidement sa propagation.

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