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NEURO: Socialiser ou analyser, les deux ne vont pas ensemble


Actualité publiée le 31-10-2012
NeuroImage

Cette recherche de la Case Western Reserve University montre comment l’empathie exclut toute pensée analytique et vice et versa. La raison en est presque mécanique car c’est la physiologie du cerveau qui exclut l'utilisation simultanée du réseau de neurones voué à l’empathie et du réseau voué à l’analyse. Ces conclusions, publiées dans la revue NeuroImage, n’excluent pas qu’on puisse être doté d’une forte capacité d’analyse et empreint d’empathie, mais pas simultanément. Elles contribuent également à expliquer certains troubles psychiatriques, par la prédominance de l’un ou l’autre réseau. Mais ce travail pose aussi une question philosophique. Celle de la compréhension analytique, à partir de données scientifiques, de la conscience, subjective, qui fait la personne humaine.

Les chercheurs ont recruté 45 étudiants en bonne santé. Chaque participant a subi 5 séances d’IRM de 10 mn en devant résoudre 20 problèmes écrits et 20 problèmes vidéo qui les obligeaient à réfléchir à ce que d'autres humains pourraient ressentir et 20 problèmes écrits et vidéo de physique (analytique). Les participants avaient 7 s pour résoudre chaque problème. Les images IRM montrent que

-         les problèmes sociaux désactivent les régions du cerveau associées à l'analyse et simultanément activent le réseau social.

-         Les problèmes de physique désactivent les régions du cerveau associées à l'empathie et activent le réseau cérébral d'analyse. Ce constat était vrai quelle que soit la présentation du problème, imprimé ou en vidéo.  

-         Et lorsque les participants sont au repos, entre 2 séries d’exercices, leur cerveau active tour à tour les 2 réseaux, le social et l’analytique.

Ainsi, lorsque le réseau d'analyse est activé, notre capacité d’appréciation de la valeur humaine est réprimée.

 

Empathie et pensée analytique sont exclusives l’une de l’autre : De précédentes études ont montré que deux grands réseaux cérébraux majeurs sont « en tension » dans le cerveau, le réseau connu sous le nom de réseau en mode par défaut et le réseau dit « de tâches positives ». Une autre théorie suggère qu’un réseau permet de s'engager sur des objectifs et que le second réseau permet à l'esprit de s’évader, enfin, une troisième théorie explique qu'un réseau gère l'attention externe et le second l'attention interne. Cette étude, montre 2 réseaux en tension, le social et l’analytique.  

Cette découverte a des implications pour toute une série de troubles neuropsychiatriques, l’anxiété, la dépression, le TDAH, la schizophrénie, des troubles qui sont caractérisés par un dysfonctionnement social. Grâce à l’enregistrement de l’activité cérébrale par IRM, l’étude montre que les adultes à troubles sociaux ou analytiques ont le réseau de neurones concerné (social vs analytique) continuellement engagé pour résoudre leur trouble, l'autre réseau étant donc constamment réprimé. Elle implique que le traitement de ces troubles devrait cibler l’équilibre entre les deux réseaux, social et analytique.

« La grande question philosophique de la conscience », a inspiré les chercheurs, confient-ils. Alors que nous sommes capables aujourd’hui avec l’IRM notamment de décrire le fonctionnement d'un cerveau, nous restons incapables de décrire la « personne ».  Le Pr Anthony Jack rappelle le concept de fossé explicatif, ce décalage entre la compréhension par l'expérience subjective (ou sociale) et la connaissance scientifique. En 2006, après avoir travaillé avec le philosophe Philip Robbins (professeur agrégé de philosophie à l'Université du Missouri), les deux « chercheurs » sont parvenus à une hypothèse décrite comme audacieuse : Et si ce fossé explicatif était dicté par notre structure neurale ? C’est en fait ce que montre aujourd’hui son expérience : « J'ai été vraiment surpris de voir avec quelle puissance ces résultats correspondent à cette théorie », ajoute A. Jack. Car l’expérience suggère que cette exclusivité entre les deux réseaux de neurones, social et analytique, entraîne le fossé explicatif comme si l’on regardait une illusion visuelle, qui change d’image en fonction de la manière dont on la regarde. On ne peut voir toutes les images à la fois… Cette « rivalité de perception », explique l’auteur se produit en raison de l'inhibition neuronale entre les deux représentations. « Ce que nous constatons dans cette étude est similaire, mais à bien plus grande échelle : Il s’agit d’une inhibition neurale entre le réseau entier du cerveau que nous utilisons pour dialoguer avec les autres, socialement, émotionnellement et moralement, et le réseau entier du cerveau que nous utilisons pour raisonner à des fins scientifiques, mathématiques et logiques ». Bref, comment traduire, en données scientifiques issues des neurosciences, le contact humain, la compréhension, l’émotion ou l’intuition qui  permet la communication entre personnes humaines ?

Une recherche passionnante qui met à bas la théorie établie de 2 réseaux concurrents dans le cerveau et apporte non seulement une nouvelle image mentale du fonctionnement d'un esprit équilibré et contribue à expliquer certains troubles du comportement.

Source: NeuroImage (In Press), online 27 October 2012 fMRI reveals reciprocal inhibition between social and physical cognitive domains (Visuel © FotolEdhar - Fotolia.com)

Lire aussi: NEURO: La théorie freudienne du conflit inconscient liée aux symptômes d'anxiété -


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Cette actualité a été publiée le 31/10/2012 par P. Bernanose, D. de publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.

Cette actualité est également disponible sur les espaces thématiques suivants :
Neuro
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