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AIDANTS NATURELS : Les grands-parents font aussi le travail

Actualité publiée il y a 1 année 2 mois 2 semaines
American Academy of Pediatrics 2018 National Conference & Exhibition
Des millions d’enfants sont élevés presque uniquement par leurs grands-parents, et le nombre de ces enfants ne cesse d’augmenter en raison de multiples facteurs qui « perturbent » les familles.

De nombreuses études documentent les défis des aidants naturels qui prennent soin de leurs aînés, en perte d’autonomie ou atteints de démence. Peu d’études soulignent que de nombreux grands-parents, en bonne forme physique et mentale contribuent au soin et à l’éducation de leurs petits-enfants. Pourtant le nombre de ces aidants dévoués aux plus jeunes est tout aussi croissant. Cette recherche présentée à la Conférence 2018 de l'American Academy of Pediatrics (Orlando) salue ces grands-parents et leur rôle clé en confirmant que ces aidants « font aussi le travail ».

 

Des millions d’enfants sont élevés presque uniquement par leurs grands-parents, et le nombre de ces enfants ne cesse d’augmenter en raison de multiples facteurs qui « perturbent » les familles. On penser aux nouveaux modes d’activité professionnelle, aux difficultés financières pouvant réduire l’accès aux différents modes de garde, les auteurs citent également -pour les Etats-Unis- la crise des opioïdes, dont la prévalence menace un grand nombre de familles. Ainsi, ces aidants naturels qui élèvent leurs petits-enfants surmontent des défis uniques et occupent une place indispensable. L’auteur principal, le Dr Andrew Adesman, chef du service pédiatrie au Centre pédiatrique Cohen de New York résume la situation : « Un nombre important et croissant de mères et de pères ne sont pas en mesure d'assumer leurs responsabilités parentales, ce qui incite leurs propres parents à assumer le rôle d’éducateur et de soignant pour leurs petits-enfants. Si ces enfants sont plus susceptibles d'avoir subi une ou plusieurs expériences négatives durant l'enfance et si les grands-parents sont confrontés aussi à leurs propres problèmes de santé et leurs propres difficultés financières, nos résultats suggèrent qu'ils s’en tirent très bien ».

 

L’étude est la première à examiner un échantillon d'enfants représentatif au niveau national et à comparer les foyers au sein desquels les enfants sont élevés par leurs grands-parents et les autres foyers. Les chercheurs ont analysé les données du National Survey of Children's Health (2016) portant sur 44.807 foyers « gérés » par les parents et 1.250 foyers gérés par les grands-parents.

 

Des grands-parents aidants plutôt moins favorisés que la moyenne : l’analyse montre que les aidants qui élèvent leurs petits-enfants sont plus susceptibles d'avoir un plus grand nombre de problèmes de santé physique et mentale, des revenus inférieurs ou égaux au seuil de pauvreté, un niveau de scolarité inférieur et d'être célibataires. Leurs petits-enfants présentent quelques caractéristiques : un moindre contrôle émotionnel, une capacité d’adaptation réduite et d'autres troubles du comportement. Ce dernier point ne surprend pas les chercheurs qui constatent, en pratique clinique, que les enfants non gardés par les parents ont vécu, en général, plus d'expériences défavorables dans leur enfance et présentent ainsi un risque accru de troubles du comportement.

 

Mais sur d’autres mesures de « parentalité », grands-parents et parents font idem : ainsi, l’analyse n’identifie aucune différence entre grands-parents et parents sur la manière dont ils jugent le comportement de l’enfant, la difficulté à s’en occuper, ou leurs sentiments à son égard. En fait, grands-parents et parents ne diffèrent pas dans les mesures d’adaptabilité parent ou grand-parent vis-à-vis de l’enfant, stress parental ou de l’aidant, interactions avec l’enfant. Enfin, le besoin et le manque de conseils en matière de parentalité est ressenti par une proportion non négligeable de grands-parents (31%) et de parents (24%).

 

Ce besoin de soutien émotionnel dans les soins apportés aux enfants est probablement le point à retenir de cette étude.

D’ailleurs les auteurs appellent les pédiatres et les autres professionnels de la santé de l’Enfant, en particulier ceux qui s'occupent de grandes familles à être mieux conscients de cette forme de désarroi face à la parentalité et ses responsabilités.

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