ALIMENTATION DURABLE : Aujourd'hui pas pour des milliards de personnes
Des milliards de personnes restent sans accès à une alimentation saine, les systèmes alimentaires étant eux-mêmes à l’origine des crises climatiques et sanitaires. C’est l’alerte lancée par de nombreux experts qui publient dans le Lancet, les Actes de l’Académie des Sciences américaines et autres revues médicales et scientifiques. Un cercle vicieux alimentation – production qui pourrait être rompu, car des solutions durables et équitables sont à portée de main.
Au-delà de leurs constats dramatiques, ces experts mondiaux des systèmes alimentaires, décrivent les approches claires et scientifiques pouvant
permettre aux quelque 9,6 milliards de personnes d’accéder à une alimentation saine
le tout,
dans les limites de la planète,
et dans le respect d’un droit humain fondamental, celui d’avoir accès à une alimentation saine.
« Le serpent se mord la queue » alors que le système alimentaire mondial contribue à 30 % des émissions de gaz à effet de serre et est le principal facteur de transgression des limites planétaires par ses impacts sur le climat, la biodiversité, la consommation d’eau douce et le changement d’affectation des terres. Et si la production alimentaire mondiale est théoriquement suffisante, près de la moitié des 8 milliards d'habitants de la planète (environ 3,7 milliards) n'ont pas un accès fiable à une alimentation saine, à un environnement propre ou à des revenus décents.
L’initiative internationale « Le régime alimentaire pour une santé planétaire » (PHD : Planetary Health Diet), est lancée.
Cette initiative privilégie les aliments riches en végétaux peu transformés et une consommation modérée de produits animaux comme la viande et les produits laitiers :
Un tel régime est associé à une réduction de 27 % du risque de décès prématuré. Ce qui représente environ 15 millions de décès prématurés évités chaque année, mais également une réduction drastique des risques de maladies chroniques telles que le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, le cancer et les maladies neurodégénératives.
Les systèmes alimentaires sont des facteurs clés de ces nouveaux défis mondiaux liés à l'accélération du changement climatique et à la perte de biodiversité. En effet, si la planète produit suffisamment de calories pour tous,
- près de 3,7 milliards de personnes n'ont pas accès à une alimentation saine.
- Parallèlement, la production alimentaire contribue significativement à la dégradation de l'environnement, représentant près de 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et favorisant le dépassement des limites planétaires. Ses dommages environnementaux menacent la santé humaine et la résilience de la planète Terre.
Quels objectifs pour un avenir alimentaire durable, sain et juste ? Les experts suggèrent différents axes de progrès :
- favoriser un cadre alimentaire flexible et riche en végétaux ;
- réduire de moitié les pertes et le gaspillage alimentaires ;
- mettre en œuvre des pratiques agricoles durables et écologiques ;
- stopper la conversion agricole d'écosystèmes intacts.
Ces grandes résolutions, si elles étaient suivies permettraient à la fois d’améliorer la santé publique, de restaurer la santé planétaire et de nourrir correctement la population mondiale.
Alors quelle alimentation, précisément ? Ces experts de l’initiative PHD recommandent une alimentation
- riche en végétaux,
- incluant des céréales complètes (environ 150 grammes, soit 3 à 4 portions par jour),
- des fruits et légumes (500 grammes, soit au moins 5 portions par jour),
- des noix (25 grammes, soit une portion par jour) et des légumineuses (75 grammes, soit 1 portion par jour),
- une consommation modérée d'aliments d'origine animale, tels que la viande rouge (0 à 200 grammes, soit 1 portion par semaine), la volaille (0 à 400 grammes, soit 2 portions par semaine), le poisson (0 à 700 grammes, soit 2 portions par semaine), les œufs (3 à 4 œufs par semaine) et les produits laitiers (0 à 500 grammes, soit une portion de lait, de yaourt ou de fromage par jour) ;
- limiter les sucres ajoutés, les graisses saturées et le sel.
Un tel régime alimentaire permet une réduction significative du risque de maladies chroniques majeures mais aussi de réduire l’empreinte carbone des systèmes alimentaires.
Enfin, « le régime alimentaire planétaire n'est pas une approche universelle », précisent ces experts, qui reconnaissent que « l’alimentation doit aussi compte de la diversité culturelle, agricole locale et des préférences individuelles »…
Le message reste positif : le système alimentaire recèle un immense potentiel pour devenir un moteur de changement positif. En adoptant des pratiques de production plus durables, telles que l'agriculture régénératrice et l'intensification durable, les agriculteurs peuvent réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre, améliorer la santé des sols, préserver la biodiversité et optimiser l'utilisation de l'eau. Parallèlement, une évolution des habitudes alimentaires vers une alimentation plus équilibrée peut réduire la pression environnementale exercée par l'élevage sur la production, tout en améliorant la nutrition et en réduisant les maladies liées à l'alimentation.
« Transformer les systèmes alimentaires représente un défi environnemental et social majeur, mais c'est une condition préalable pour avoir une chance de retrouver un système climatique sûr et une planète en bonne santé ».
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