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ALZHEIMER : Une immunothérapie contre la progression de la maladie

Actualité publiée il y a 4 mois 2 semaines 2 heures
Brain
La maladie d'Alzheimer est la 6è cause de décès dans les pays riches et n'a pas de remède connu (Visuel adobe Stock 216698942)

La maladie d'Alzheimer est la 6è cause de décès dans les pays riches et n'a pas de remède connu. Un nouveau traitement stoppe la progression de la maladie d'Alzheimer, ici dans le cerveau de singes, modèles de la maladie. Cette équipe du NYU Langone Health ouvre une nouvelle voie thérapeutique : celle des régulateurs immunitaires innés qui relancent, par cycles, le système immunitaire épuisé. Le traitement incite les cellules immunitaires à avaler des protéines difformes, que ce soit les plaques bêta-amyloïdes ou les enchevêtrements de tau. Ces travaux, publiés dans la revue Brain, apportent ainsi l’espoir d’une « vraie » thérapie.

 

Un nombre croissant de preuves implique le système immunitaire, l'ensemble de cellules et de protéines qui défendent le corps contre les bactéries et les virus envahissants, comme contributeur à la maladie d'Alzheimer. Un sous-ensemble de cellules immunitaires, celles du système immunitaire inné, avalent et éliminent les débris et les toxines des tissus corporels ainsi que les microbes. Des études ont montré que ces gardiens immunitaires sont moins efficaces avec le vieillissement et ne parviennent plus à éliminer les toxines qui causent la neurodégénérescence.

 

La thérapie en question est prometteuse car elle induit le système immunitaire à cibler les deux protéines toxiques caractéristiques de la maladie, la bêta-amyloïde et la Tau, qui s'agglutinent, obstruent les jonctions entre les neurones et tuent ces cellules cérébrales.

 

Dirigée par des chercheurs de la NYU Grossman School of Medicine, la recherche montre que des singes âgés, modèles d’Alzheimer, présentent jusqu’à 59 % de dépôts toxiques en moins dans leur cerveau après le traitement.

Manipuler le système immunitaire pour ralentir la neurodégénérescence

De quoi s’agit-il : Le traitement est à base d’oligodésoxynucléotides (CpG) qui sont reconnus par le système immunitaire comme un signal de danger et stimulent les réponses immunitaires, ici contre les protéines toxiques. Les médicaments CpG ODN font partie d'une classe de régulateurs immunitaires innés qui accélèrent les gardiens immunitaires « épuisés ». De plus l’administration du traitement se fait par une nouvelle technique d'administration de médicament "pulsée" qui permet d’éviter une inflammation excessive, liée à une réponse immunitaire trop violente.  

 

L’étude préclinique montre que le cerveau des 8 animaux traités présente :

 

  • une réduction des plaques de protéines bêta-amyloïdes ;
  • également une baisse des niveaux de tau toxique ;
  • des améliorations cognitives : mis face à une série d'énigmes, les singes âgés ayant reçu le médicament ont réalisé des performances similaires à celles d’animaux adultes plus jeunes et bien meilleures que celles de leurs homologues du même groupe d'âge ;
  • enfin, les singes traités ont également appris de nouvelles compétences plus rapidement que leurs pairs non traités.

 

L’auteur principal, un expert des maladies neurodégénératives, le Dr Akash Patel, chercheur adjoint au Center for Cognitive Neurology du NYU Langone Health, résume ainsi la nouvelle stratégie : « nos résultats montrent que cette thérapie est un moyen efficace de manipuler le système immunitaire pour ralentir la neurodégénérescence ».

 

Jusqu’ici les immunothérapies avaient échoué : mais selon les chercheurs, parce que les médicaments surstimulaient le système immunitaire, induisant des niveaux dangereux d'inflammation pouvant tuer les cellules du cerveau. Le nouveau traitement, administré par cycles, donne au système immunitaire une chance de se reposer entre les doses.

Ainsi, aucune inflammation n'a été observée chez les singes traités.

Cette toute première thérapie à cibler le système immunitaire inné ouvre un immense espoir dans la lutte contre la maladie. « Les similitudes du vieillissement entre les animaux étudiés et les humains nous laissent espérer que cette thérapie fonctionnera également chez l’Homme ».

 

Des études précliniques supplémentaires sont déjà prévues, avant les essais cliniques- chez l’Homme.