ALZHEIMER : Une maladie systémique autant que neurologique
Cette étude ouvre un nouveau paradigme sur la maladie d'Alzheimer en décrivant, pour la première fois, ses effets bien au-delà du cerveau, sur l'ensemble de l'organisme. L’équipe de neuroscientifiques du Baylor College of Medicine (Houston Texas), en documentant, dans la revue Neuron, la façon dont la maladie affecte différents tissus de l'organisme, apporte de nouvelles perspectives sur la communication cerveau-corps dans la neurodégénérescence et suggère de nouveaux biomarqueurs et cibles thérapeutiques pour la maladie d'Alzheimer.
Si la maladie d'Alzheimer est généralement considérée comme une condition cérébrale, ces nouvelles données obtenues par recherche fondamentale sur la drosophile, suggèrent que la maladie a aussi son expression systémique. Ainsi, l’un des auteurs principaux, le Dr Dr Hongjie Li, professeur de génétique moléculaire et humaine au Huffington Center on Aging du Baylor, explique : « La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative caractérisée par l'accumulation dans le cerveau de plaques amyloïdes contenant la protéine Aβ42 et d'enchevêtrements de protéine Tau. Afin de mieux comprendre comment l’Alzheimer affecte d'autres organes, nous avons développé un Atlas des gènes exprimés par 219 types de cellules cérébrales et d’autres tissus et organes, à partir de la mouche des fruits modèle d'Alzheimer ».
Des cellules caractéristiques partout dans le corps
La mouche modèle de la maladie d'Alzheimer est un modèle courant, obtenu par l’expression de la protéine Aβ42 ou Tau dans les neurones.
L’étude, qui évalue la présence ces caractéristiques, à la fois dans le cerveau et d'autres organes de ces modèles, constate que :
- l’expression de l'Aβ42 affecte principalement le système nerveux. Les neurones sensoriels impliqués dans la vision, l'audition et l'olfaction se révèlent particulièrement vulnérables ;
- ces modifications contribuent à expliquer la baisse de l'odorat ou anosmie peut être un symptôme précoce de la maladie d'Alzheimer : ici, les chercheurs identifient bien des neurones olfactifs spécifiques affectés par l'Aβ42 ;
- l'expression de l'Aβ42 ou de la protéine Tau dans les neurones affecte à la fois les neurones, mais aussi d’autres tissus et d’autres organes ;
- l'expression de la protéine Tau dans les neurones entraine en effet des modifications importantes également dans les tissus périphériques, dont une altération du métabolisme des graisses et de la digestion, ainsi qu'une baisse brutale de la fécondité : les effets de ces altérations périphériques sont bien connus comme des changements majeurs liés à l'âge ;
- l'expression de la protéine Tau perturbe -et c’est connu- la connectivité neuronale et d'autres facteurs impliqués dans la communication cerveau-corps.
Ainsi, la maladie d’Alzheimer a bien des conséquences sur l'organisme dans son ensemble. L’atlas développé jette les bases d’un outil précieux pour la communauté de recherche sur la neurodégénérescence, car il permet d'explorer plus en détail les modifications de l'organisme dans son ensemble -et à terme permettra de suivre la réponse systémique aux traitements aussi.
Autres actualités sur le même thème
AVC : Des molécules lipidiques pour apaiser le cerveau lésé
Actualité publiée il y a 3 années 1 semaineCOVID-19 : Les hospitalisations pour AVC ont chuté de 40%
Actualité publiée il y a 6 années 3 moisAVC : Prédire la récidive, c’est possible
Actualité publiée il y a 1 année 11 moisDÉPRESSION : Le régime alimentaire peut la tenir à distance
Actualité publiée il y a 7 années 5 mois
ABONNEMENT PREMIUM
Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités



