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ANALGÉSIE : Une nouvelle alternative aux opioïdes ?

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 1 semaine
PNAS
L'étude décrit la découverte d'un nouvel analgésique qui soulage la douleur mais avec moins d'inconvénients que les opioïdes (Visuel Adobe Stock 1052427442)

Cette équipe de chimistes et de pharmacologues de l’Université de Kyoto décrit la découverte d'un nouvel analgésique qui soulage la douleur mais avec moins d'inconvénients que les opioïdes par exemple. Ces travaux, présentés dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS), décrivent le mécanisme de soulagement de la douleur du candidat et ouvrent l’espoir de nouvelles alternatives pour soulager les douleurs chroniques.

 

Les opioïdes comme la morphine sont largement utilisés en médecine en raison de leurs puissants effets analgésiques. Cependant, ils comportent des risques d'effets indésirables graves, tels que la dépression respiratoire et la dépendance. Si ces médicaments ne sont généralement prescrits que par des médecins agréés, dans certains pays comme les États-Unis, l'OxyContin, un opioïde, était autrefois fréquemment prescrit : ce fut le départ de la crise des opioïdes et de l'abus d'opioïdes synthétiques comme le fentanyl.

Les opioïdes pourraient bientôt avoir un concurrent.

Cette recherche aboutit en effet à un nouvel analgésique dont l'effet s'exerce par un mécanisme totalement différent. Le développement clinique de ce candidat, Adriana, est en cours dans le cadre d'une collaboration internationale.

 

L’un des auteurs principaux, Masatoshi Hagiwara, professeur à l'Université de Kyoto, précise : « En cas de commercialisation réussie, Adriana sera une nouvelle option de prise en charge de la douleur, indépendante des opioïdes, et contribuera à la réduction de la consommation d’opioïdes ».

 

 

L’étude s’inspire de substances imitant la noradrénaline, libérée en cas de danger et qui active les récepteurs α2A-adrénergiques pour supprimer la douleur. Cependant, ces substances présentent un risque élevé d'instabilité cardiovasculaire. Après avoir observé les taux de noradrénaline et d'adrénocepteurs α2B, l'équipe a émis l'hypothèse que le blocage sélectif des adrénocepteurs α2B pourrait augmenter les taux de noradrénaline, entraînant l'activation des adrénocepteurs α2A et un soulagement de la douleur, et cela sans provoquer d'instabilité cardiovasculaire.

 

Pour identifier des inhibiteurs sélectifs des adrénocepteurs α2B et mesurer l'activité de chaque sous-type d'adrénocepteurs α2, les chercheurs utilisent ici une nouvelle technologie appelée test d'excrétion de TGFα et procèdent à un criblage de composés, qui a permis d’identifier :

ce premier antagoniste sélectif des adrénocepteurs α2B.

Des expériences précliniques sont ensuite menées chez la souris, avec des résultats positifs, puis des études ont confirmé l’innocuité du candidat puis des essais cliniques ont été menés à l'hôpital universitaire de Kyoto. L'essai de phase I puis de phase II menés chez des patients souffrant de douleurs postopératoires après une chirurgie pour un cancer du poumon ont donné des résultats très prometteurs.

Un essai clinique de phase II à grande échelle est actuellement en préparation.

Premier analgésique non opioïde au Japon,

Adriana a le potentiel non seulement de soulager les douleurs intenses mais pourrait également jouer un rôle significatif dans la lutte contre la crise des opioïdes.

 

« Notre objectif est maintenant d'évaluer les effets analgésiques d'Adriana sur différents types de douleur et, à terme, de rendre ce traitement accessible à une population plus large de patients souffrant de douleurs chroniques ».

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