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ANTIBIORÉSISTANCE : Ces microbes mutants et solitaires

Actualité publiée il y a 4 années 3 semaines 5 jours
PLoS Biology
L'antibiorésistance, le fait de quelques microbes solitaires ?

Cette recherche d’une équipe de l’Université de Manchester révèle la responsabilité de microbes dits « solitaires », soit de famille à faible densité, dans le développement de la résistance aux médicaments. Ces microbes apparaissent plus susceptibles de muter pour devenir résistants aux antibiotiques. La recherche développe notamment un nouvel indicateur du risque de résistance, le DAMP (pour density-associated mutation-rate plasticity), une mesure combinée du taux de mutation et de la densité qui représente ainsi la variation du taux de mutation avec l'environnement du microbe. Les chercheurs concluent que le « DAMP » pourrait jouer un rôle clé dans la réduction des mutations qui provoquent une résistance aux antibiotiques.

 

C’est l’analyse de 70 ans de données et de près de 500 mutations différentes qui révèle que les microbes dont les bactéries de populations microbiennes plus denses mutent moins que les microbes de groupes épars, dits « solitaires ». La conclusion ouvre la voie à une meilleure compréhension de la résistance aux antibiotiques et peut-être à des moyens plus efficaces de lutter contre l'augmentation des « superbactéries » résistantes aux antibiotiques.

La même équipe avait effectué la même analyse de la relation entre le taux de mutation et la densité de population des microbes, mais sur la bactérie E. coli. Cette précédente étude avait déjà suggéré que les bactéries " solitaires " étaient près de 10 fois plus susceptibles de muter pour résister aux antibiotiques. La nouvelle recherche reproduit ces premiers résultats en analysant les taux de mutation de 26 familles de microbes, dont des virus et via l’analyse de 68 études puis de centaines d’expériences couvrant, au total, près de 2 milliards de milliards de cellules microbiennes.

 

 

Le DAMP ou plasticité du taux de mutation associée à la densité : cette nouvelle mesure est une façon d’évaluer la façon dont ces taux de mutation varient avec l'environnement du microbe. C’est aussi la mesure à réduire pour lutter contre les mutations qui permettent la résistance aux antibiotiques. Le Dr Krašovec, auteur principal de l'étude, explique : « Dans nos analyses, le DAMP réduit le risque de résistance aux antibiotiques à des densités de population plus élevées et l’augmente à des densités réduites ». Le DAMP est donc un facteur qui affecte le cours de l'évolution et mieux comprendre ses causes et ses effets aidera pourrait permettre de contrôler l'évolution microbienne de manière à lutter contre les résistances. Une première étape est ici franchie dans sa compréhension : « le DAMP a besoin de certaines protéines qui font la même chose dans des microbes très différents, ce qui signifie que nous pouvons commencer à comprendre la variation des taux de mutation.

 

Cela signifie que nos résultats pourraient être la base d’une première étape vers la manipulation clinique du DAMP microbien pour ralentir l'évolution de la résistance aux antibiotiques... »