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ANTIBIORÉSISTANCE : La voie des plasmides pour bloquer les gènes de résistance

Actualité publiée il y a 2 années 8 mois 1 semaine
Scientific Reports
Depuis depuis 4 ans, cette équipe canadienne travaille sur une stratégie qui passe par les « plasmides », de petits fragments d’ADN qui portent le gènes « échangés » entre les bactéries.

Les antibiotiques sont trop largement utilisés dans le monde pour traiter les maladies liées aux infections bactériennes, et l'augmentation mondiale de l’antibiorésistance est préoccupante, les antibiotiques étant un outil primordial de la médecine moderne, en tant que traitement curatif ou prophylactique. De nombreuses équipes cherchent donc à contrer cette émergence de multirésistances bactériennes, cette équipe de l’Université de Montréal poursuit, depuis 4 ans, une stratégie qui passe par les « plasmides », de petits fragments d’ADN qui portent le gènes « échangés » entre les bactéries.

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Car une des façons dont les gènes bactériens de résistance aux antibiotiques se propagent dans les hôpitaux et dans les communautés est le codage de ces gènes sur des plasmides qui se transmettent entre bactéries. Un plasmide est un fragment d'ADN trouvé dans les bactéries ou les levures qui porte donc des gènes utiles aux bactéries, en particulier lorsque ces gènes codent pour des protéines qui peuvent fortifier les bactéries et les rendre résistantes aux antibiotiques. Cette équipe de scientifiques de l'UdeM développe donc une nouvelle approche, via ces plasmides, pour bloquer le transfert des gènes de résistance.

 

Bloquer le transfert de plasmides porteurs de gènes résistants aux antibiotiques : les chercheurs ont d’abord passé en revue une bibliothèque de petites molécules chimiques pour identifier celles capables de se lier à la protéine TraE, un agent essentiel du transfert plasmidique, en particulier pour les bactéries Helicobacter pylori, Bartonella and Brucella. L'analyse par cristallographie aux rayons X a révélé le site de liaison exact de ces molécules sur TraE. Ces informations précises sur le site de liaison a permis aux chercheurs de concevoir des molécules de liaison plus puissantes qui, en fin de compte, permettent de réduire voire bloquer le transfert de plasmides porteurs de gènes résistants aux antibiotiques.

 

Découvrir plus d'inhibiteurs du transfert de gènes de résistance : l’idée maîtresse est d’identifier le point faible d’une protéine, de le cibler de manière à empêcher la protéine (ici de transfert) de fonctionner. L’équipe continue donc à travailler avec des chimistes de l'UdeM pour développer ces nouvelles molécules en inhibiteurs puissants du transfert de gènes de résistance aux antibiotiques. De telles molécules pourraient un jour être appliquées dans les hôpitaux pour éradiquer les infections nosocomiales.

 

Ainsi, cette voie de réduction du transfert de plasmides résistants aux antibiotiques apparaît prometteuse à préserver la puissance des antibiotiques, contribuant ainsi à une stratégie globale visant à améliorer la santé humaine. « La beauté de nos travaux réside en ce que ces protéines sont très similaires aux protéines que les bactéries utilisent pour causer des maladies. Ainsi, ce que nous avons développé pour trouver le point faible de la protéine TraE peut être appliqué plusieurs pathogènes, comme l'Helicobacter pylori, un pathogène gastrique responsable des ulcères et des cancers de l'estomac.

 

« D’ici 2050, 50 millions de personnes mourront d'infections résistantes aux antibiotiques », concluent les chercheurs, « le jour où les antibiotiques ne seront plus capables de traiter les infections, la science devra pouvoir apporter de nouvelles solutions, la grande mobilisation de la recherche dans le monde doit se poursuivre sur cette question. Il est clair que nous progressons ».