Actualités

AXE INTESTIN-CERVEAU : Les cellules T migrent vers le SNC aussi

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 3 semaines
Nature Immunology
C’est la toute première étude à montrer que nos cellules immunitaires aussi voyagent de l'intestin et de la peau vers le système nerveux central (SNC) et le cerveau (Visuel Adobe Stock 202780589)

Si les études sont aujourd’hui nombreuses à documenter l’axe intestin-cerveau et à adopter ce nouveau paradigme pour tenter de traiter de nombreux troubles mentaux ou neuronaux, c’est la toute première étude à montrer que nos cellules immunitaires aussi voyagent de l'intestin et de la peau vers le système nerveux central (SNC) et le cerveau. Ces travaux de la Technical University of Munich (TUM) non seulement retracent le déplacement des cellules T, de la peau ou de l'intestin au cerveau, mais identifient aussi les marques environnementales permettant de retrouver leur source. C'est un nouvel espoir qui s'ouvre, celui de pouvoir désamorcer, à la souce, les maladies auto-immunes et le cancer.

 

Aujourd’hui, le lien entre le microbiome intestinal et le SNC, connu sous le nom d’axe intestin-cerveau (GBA) est invoqué dans l’évolution du poids corporel d’une personne, le développement de maladies auto-immunes, de la dépression, de certaines maladies mentales et troubles de l’humeur et de la maladie d’Alzheimer… Ici l’équipe de Munich visualise cette connexion pour la première fois. Avec de nombreux espoirs à la clé, comme pour les patients qui souffrent de SEP, par exemple.

 

Cette capacité de visualisation va en effet permettre de mieux adapter les traitements, et, qui sait, peut-être sera-t-il possible de modifier les cellules T avant qu’elles n'atteignent le cerveau ?

De nouvelles options de traitement plus immédiates pour la sclérose en plaques

Jusqu'à ces travaux, le déplacement des cellules immunitaires qui se déplacent de l'intestin vers le SNC et donc le cerveau n'avait pas été identifié. En utilisant la lumière violette, ces bioingénieurs rendent pour la première fois visibles ces cellules T migrantes.

 

Quelles implications ? Le système immunitaire est affecté par des facteurs environnementaux - également dans le système nerveux central dans le cas des patients atteints de SEP. La maladie qui se manifeste par poussées répétées, est vécue par les patients comme une amélioration ou une aggravation de leur état de santé. Or, chez les patients atteints de SEP, les cellules T recueillent des données puis les transportent vers le système nerveux central (dans la moelle épinière ou le cerveau) où se déclenche une réponse immunitaire. Jusqu'à présent, cependant, on ne savait pas d’où partent les cellules T et comment elles se rendent au SNC.

 

En marquant ces cellules, chez la souris, avec de la lumière violette, à l'aide de protéines photoconvertibles, les scientifiques deviennent capables de les rendre visibles et de les suivre, ici des ganglions lymphatiques, de l'intestin et de la peau vers et jusqu'au système nerveux central.

 

Les caractéristiques des cellules T révèlent leur origine : ainsi, toujours chez la souris, les chercheurs constatent que :

  • les cellules T de la peau migrent dans la matière grise et la substance blanche du SNC ;
  • presque toutes les cellules T de l'intestin migrent dans la substance blanche ;
  • il reste également possible de détecter l’origine des cellules T, une fois parvenues au cerveau.

 

Les cellules T transportent de précieuses données aux organes distants, explique le professeur Thomas Korn, immunologiste et l’un des principaux auteurs de l’étude : « Ce qui rend ces travaux importants, c'est qu'ils démontrent pour la première fois que les facteurs environnementaux ont un impact sur les cellules T des ganglions lymphatiques, de l'intestin et de la peau, et que ces cellules T transportent ensuite ces informations dans les organes distants. Et ces caractéristiques des cellules T sont suffisamment stables pour que nous puissions déterminer si les réponses immunitaires sont influencées par les cellules T de la peau ou de l'intestin », ajoute le Dr. Eduardo Beltrán, bioinformaticien et co-auteur de l’étude.

 

Traiter les maladies auto-immunes à la source : ainsi, si dans une maladie comme la SEP, on identifie que les cellules intestinales ou cutanées sont en cause, ces cellules T pourraient être traitées « à la source » afin de mieux gérer l'inflammation chronique et la maladie auto-immune, explique le Dr Michael Hiltensperger, co-auteur de l’étude.

 

Avec des applications donc pour de nombreuses maladies auto-immunes mais aussi pour certains cancers.

Autres actualités sur le même thème

ABONNEMENT PREMIUM

Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités