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BINGE DRINKING: Vers un test prédictif de la consommation d'alcool chez les jeunes

Actualité publiée il y a 3 années 1 mois 2 semaines
American Journal of Psychiatry

Aux Etats-Unis, les jeunes de 12 à 21 ans représentent 11% de la consommation d’alcool et l’excès d’alcool est à l’origine de plus de 5.000 décès chez les jeunes. Combinée avec des critères sociodémographiques, cette approche par neuro-imagerie pourrait fournir un outil très utile pour détecter le risque et prévenir la consommation d'alcool chez les jeunes, révèle cette étude de l’Université de Californie - San Diego : 34 facteurs neuronaux issus d’algorithmes complexes d'analyse de données d'essais et d’études d’imagerie se combinent pour former un « test » de prédiction précis à 74%. Des données complexes -comparables à celles que l’on rencontre dans l’élaboration de tests de prédiction du risque de suicide par exemple- présentées dans l'American Journal of Psychiatry.

Le binge drinking ou ces épisodes d'excès d'alcool est un phénomène en hausse chez les mineurs et un problème de Santé publique, rappelle l'auteur principal, le Dr Susan F. Tapert, professeur de psychiatrie à l'Université de Californie - San Diego. Pouvoir identifier les enfants à risque avant qu'ils n'expérimentent ces épisodes d'ivresse a d'immenses implications cliniques. Car les conséquences individuelles de la consommation d'alcool chez les adolescents comprennent les troubles de la mémoire, l'apprentissage et du comportement, du développement du cerveau avec des effets à long terme et enfin une plus grande probabilité de comportements à risques dont l'abus d'autres drogues. L'étude, à défaut de proposer un test simple de détection, apporte la preuve qu'il est possible de prédire quels sont adolescents les plus susceptibles de commencer à boire de manière excessive.


Un mélange de mécanismes sociaux, psychologiques et biologiques contribuent à la consommation d'alcool pendant l'adolescence. D'où la complexité d'élaborer un test de détection.

- Les facteurs de risque démographiques vont comprendre le sexe, masculin, les problèmes psychologiques et l'association de résultats positifs à la consommation d'alcool.

- Les études neuropsychologiques et de neuro-imagerie suggèrent, quant à elles, des mécanismes comportementaux sous-jacents de risque d'abus d'alcool et d'autres substances. Ainsi, ont été évoqués, une moins bonne performance de fonctionnement exécutif, une moindre mémoire de travail, l'inhibition, une moindre activation du système de récompense et un volume moindre des zones du cerveau associées à l'impulsivité, la sensibilité et la prise de décision.

Une première étape vers un test clinique : l'étude a été menée auprès de 137 adolescents âgés de 12 à 14 ans, « naïfs » de substance (97% d'entre eux n'avaient jamais consommé d'alcool) qui ont subi une série de tests neuropsychologiques et d'imagerie et ont ensuite été évalués chaque année. À 18 ans, un peu plus de la moitié de ces jeunes étaient consommateurs modérés à excessifs d'alcool. 67 des participants sont restés abstinents.

Les scientifiques ont développé (algorithme de type "random forests") à partir des différentes données un modèle prédictif qui aboutit à ces principaux facteurs de risque de « boire » avant 18 ans :

· Le sexe, masculin,

· le milieu socio-économique, plus élevé,

· un comportement plutôt extraverti,

· la croyance que l'alcool est bénéfique dans les contacts sociaux,

· de mauvais scores aux tests de fonction exécutive,

· certaines zones corticales plus minces ainsi que la couche externe du tissu neural recouvrant le cerveau,

· les niveaux d'activation de 20 zones du cerveau impliquées dans l'expérimentation de l'alcool.

Ø Enfin, si l'étude ne portait pas précisément sur le risque de consommation du cannabis -car seuls 15% des participants ont déclaré en consommer au cours du suivi- les auteurs suggèrent que leur modèle pourrait également être applicables à d'autres substances.

Bref, si ces travaux n'aboutissent pas -encore- à un test clinique simple, ils tracent un chemin documenté pour d'autres chercheurs en quête d'un tel test. Le but au final étant d'aboutir à un modèle validé utilisable en pratique clinique par les médecins pour prédire la consommation d'alcool chez les adolescents et l'empêcher.

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