CANCER du SEIN : Mauvais profil métabolique, mauvais pronostic
Un profil métabolique défavorable augmente fortement le risque de récidive du cancer du sein et de décès par cancer chez les survivantes, conclut cette méta-analyse menée par des chercheurs de l’Université d'Aarhus (Danemark) et de la Harvard T.H. Chan School of Public Health (Boston, Massachusetts). Cette analyse, publiée dans le Journal of Internal Medicine et présentée lors du Congrès ECO2025 de l’Association européenne sur l'obésité, met ainsi en garde doublement sur ce facteur de risque de développement et de récidive qu’est le syndrome métabolique, pour le cancer du sein.
On savait que le cancer du sein est favorisé par l’obésité ou un mauvais profil métabolique, cette méta-analyse nous apprend que ces facteurs qui constituent le « syndrome métabolique », augmentent également le risque de récidive = et la mortalité par cancer du sein.
Le syndrome métabolique inclut la présence d’au moins 3 des facteurs de risque suivants : l’ hypertension artérielle (HTA), taux élevé de triglycérides (lipides sanguins), faible taux de lipoprotéines de haute densité (HDL) ou « bon cholestérol », glycémie à jeun élevée et obésité abdominale (tour de taille supérieur à 89 cm chez les femmes).
Une augmentation de près de 70 % des récidives avec un mauvais profil métabolique
L'étude est une méta-analyse de cohortes et d'essais contrôlés randomisés menés sur lien entre la présence d'un syndrome métabolique au moment du diagnostic de cancer du sein et la survie et portant sur un total de 42.135 survivantes du cancer du sein. Cette analyse constate que, vs leurs homologues exemptes de syndrome métabolique les survivantes du cancer du sein présentant un syndrome métabolique au moment du diagnostic présentent aussi :
- un risque accru de 69 % de récidive ;
- un risque accru de 83 % de mortalité par cancer du sein ;
- un risque accru de 57 % de complication liée au cancer du sein (récidive, nouveau cancer ou décès) ;
- cette association est cohérente en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.
- En conclusion, chez les survivantes du cancer du sein, le syndrome métabolique est associé à de moins bons résultats.
Quelles implications ? Ces données soulignent l'importance du dépistage métabolique chez les survivantes du cancer du sein. Elles appellent aussi à de nouvelles recherches sur les mécanismes en cause liés spécifiquement aux différents facteurs du syndrome métabolique, même si, plus globalement, l’inflammation chronique et les déséquilibres hormonaux sont très probablement impliqués.
Quelle explication alors ? Une explication possible est que l’excès de masse grasse associé au syndrome métabolique entraîne une augmentation des taux d’œstrogènes circulants, ce qui pourrait stimuler la croissance des cellules cancéreuses du sein. De plus, l’adiposité peut induire des altérations du microenvironnement tumoral qui favorisent les métastases, ou la propagation du cancer. L’inflammation systémique chronique, caractéristique du syndrome métabolique, pourrait également contribuer à la progression tumorale en favorisant la survie des cellules cancéreuses et en altérant la surveillance immunitaire.
« Il est probable », concluent les auteurs, « que de multiples mécanismes se combinent et sous-tendent ce lien entre syndrome métabolique et mauvais pronostic du cancer du sein. »
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