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CANCER du SEIN : Sur l’incidence élevée de la fibrillation auriculaire

Actualité publiée il y a 5 mois 2 semaines 2 jours
European Heart Journal
Durant l’année qui suit voire les premiers mois qui suivent le diagnostic de cancer du sein, la fibrillation auriculaire (FA) est fréquente chez les patientes (Visuel Adobe Stock 106779070)

Durant l’année qui suit, voire les premiers mois qui suivent le diagnostic de cancer du sein, la fibrillation auriculaire (FA) est fréquente chez les patientes, relève cette étude de la Case Western Reserve University (Ohio) qui alerte sur le risque de décès multiplié par 3, associé à ce symptôme sévère (Voir courbe ci-dessous). Cette étude, publiée dans l'European Heart Journal, la première à évaluer l'incidence de la fibrillation auriculaire suite à un diagnostic de cancer du sein en fonction de différents facteurs (traitements, stade du cancer...) suggère l'implication de la cardio-oncologie dans le suivi des femmes atteintes d'un cancer du sein.

 

L'administration de médicaments cardiovasculaires à ces patientes atteintes d'un cancer du sein pourrait-elle réduire le risque de FA et de décès ? Faut-il une surveillance généralisée de la FA dans le cadre du suivi du cancer du sein ? Il est possible, concluent les auteurs, qu'une surveillance cardiologique puisse dans de nombreux cas changer le pronostic. 

 

Courbe de survie montrant les décès toutes causes confondues chez les patientes atteintes d'un cancer du sein ayant développé une FA dans les 30 jours suivant le diagnostic du cancer du sein vs celles qui n'en ont pas développé lors d'un suivi d'un an (Visuel European Heart Journal).

 

Les chercheurs de Cleveland ont analysé les données de 85.423 femmes âgées de 66 ans ou plus ayant reçu un diagnostic de cancer du sein entre 2007 et 2014. L’analyse révèle qu’au cours de la période d'un an suivant leur diagnostic :

  • 4 % des patientes atteintes de cancer du sein ont développé une fibrillation auriculaire;

  • la FA se développe plus souvent chez les femmes qui n'ont pas été traitées par chirurgie ou radiothérapie comme premier cycle de traitement, soit :
  • un taux d’incidence chez les patientes n’ayant pas subi de chirurgie 23,5 % vs 10,4 % pour les participantes ayant subi une chirurgie ;
  • un taux d’incidence chez les patientes n’ayant pas reçu de radiothérapie 66,5 % vs 52,3 % pour les participantes ayant reçu une radiothérapie ;
  • si un risque plus élevé de FA est relevé chez les patientes n'ayant pas subi de chirurgie, cependant une intervention chirurgicale plus complexe comme la mastectomie est associée à un risque plus élevé qu’une chirurgie plus légère, comme la tumorectomie ;
  • les patientes ayant reçu une curiethérapie présentent un risque divisé de moitié de fibrillation auriculaire vs les patientes ayant reçu une radiothérapie ;
  • l'incidence de la FA est plus élevée chez les femmes qui souffrent d’un cancer déjà avancé au moment du diagnostic : ainsi, elle atteint 15 % pour un cancer de stade IV vs 6% pour un cancer à stade précoce ;
  • l’incidence de la FA est la plus élevée au cours des 60 premiers jours qui suivent le diagnostic de cancer du sein, 0,6 % des femmes développant ainsi la maladie, tandis que 0,3 % la développent ensuite, par période de 30 jours sur une durée de suivi d’1 an ;

 

L’auteur principal, le Dr Avirup Guha, professeur de médecine à la Case Western Reserve University, commente ces résultats : « Nous constatons une augmentation significative du nombre de femmes qui survivent au cancer du sein, mais aussi, une augmentation des maladies du cœur et des vaisseaux associées au cancer du sein ».

 

L’étude apporte deux grandes informations,

  • la gravité du cancer est un facteur de risque important pour le développement de la FA ;
  • la fibrillation auriculaire après le diagnostic du cancer du sein est un facteur majeur de décès de cause cardiovasculaire en cas de cancer.

Car lorsque les chercheurs analysent les données de patientes souffrant déjà de FA avant le diagnostic de cancer du sein, ils ne constatent aucune augmentation significative du risque décès toutes causes, dans l'année suivant le diagnostic. Sans doute, expliquent les auteurs, parce qu’elles sont très probablement déjà suivies sur le plan cardiologique. En revanche, les patientes qui ont développé une FA dans les 30 jours suivant le diagnostic de cancer du sein sont 2 fois plus susceptibles de mourir de toute cause dans l'année.

 

Quels mécanismes dans ce risque accru de FA après le diagnostic ? La recherche ne les décrypte pas précisément, cependant les chercheurs suggèrent  que certains traitements du cancer dont la chirurgie et la chimiothérapie, mais aussi l'inflammation et les déséquilibres dans les processus normaux du corps causés par le cancer, pourraient être impliqués.

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