CICATRISATION BUCCALE : Exploiter sa rapidité pour la cicatrisation cutanée
La rapidité de la cicatrisation buccale pourrait inspirer de nouvelles stratégies permettant de booster la cicatrisation cutanée et d’autres tissus, et de lutter contre les plaies chroniques et le retard de cicatrisation. Cette étude, menée par des équipe du Cedars-Sinai (Los Angeles), de la Stanford Medicine (Californie) et l'University of California San Francisco (UCSF) et publiée dans la revue Science Translational Medicine, ouvre aussi une nouvelle voie de cicatrisation sans cicatrice -ou sans fibrose.
« Votre bouche est une magicienne »,
écrivent ces chercheurs dont les travaux révèlent l'un des secrets de cette cicatrisation si rapide. Des secrets qui pourraient conduire à des traitements permettant une cicatrisation rapide et sans cicatrices des plaies cutanées : l’un des auteurs principaux, le Dr Ophir Klein, médecin spécialiste en santé infantile au Cedars-Sinai, explique : « Notre recherche a débuté avec 2 questions :
- pourquoi la bouche guérit-elle tellement mieux que la peau ?
- si nous découvrons pourquoi, pourrons-nous utiliser ces informations à des fins thérapeutiques ?
Il existe un besoin croissant de thérapies accélérant les processus de cicatrisation : a lors que les plaies de la muqueuse buccale disparaissent généralement en 1 à 3 jours, les plaies cutanées peuvent mettre beaucoup plus de temps à cicatriser, devenir chroniques, ne pas cicatriser et lorsqu’elles cicatrisent laisser des cicatrices disgracieuses. Avec le vieillissement des populations,
la prévalence des plaies chroniques ne cesse d’augmenter atteignant près de 4 % en population générale.
« Si les traitements, les protocoles et les dispositifs ont fait d’énormes progrès, le mécanisme de cicatrisation n’est toujours pas pleinement compris ».
L’étude analyse des échantillons de muqueuse buccale et de peau de souris de laboratoire. Cette analyse révèle :
- dans la muqueuse buccale, une voie de signalisation intercellulaire impliquant une protéine appelée GAS6 et une enzyme appelée AXL, qui bloque une autre voie cellulaire, appelée FAK, favorisant la cicatrisation ;
- l’inhibition de cette enzyme AXL – toujours chez la souris- retarde la cicatrisation des plaies de la muqueuse buccale et rapproche son processus en termes de rapidité notamment, de celui de la cicatrisation d’une plaie cutanée ;
- en revanche, la stimulation de l'enzyme AXL accélère la cicatrisation des plaies cutanées et lui confère la rapidité de la cicatrisation de la muqueuse buccale.
Ces travaux identifient donc une nouvelle voie moléculaire, GAS6-AXL, primordiale dans la cicatrisation buccale, sans cicatrices. Les chercheurs suggèrent que « sa manipulation » pourrait également contribuer à l’accélération et l’efficacité de la cicatrisation cutanée.
Il faudra encore valider ces observations chez l’Homme, cependant ces données précliniques laissent présager l’exploitation positive de ce processus de cicatrisation buccale pour accélérer d’autres types de cicatrisation.
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